Pour Uber, l'enjeu est de taille en termes d'image auprès de ses clients, mais aussi pour empêcher les départs de ses chauffeurs vers d'autres plates-formes VTC pour trouver des courses.

"Ce changement stratégique, c'est de passer de la croissance et d'une logique d'efficacité et d'efficience à une approche de croissance pérenne", a expliqué le directeur France d'Uber, Steve Salom, lors d'une conférence de presse.

Uber France "se donne les moyens aujourd'hui de faire ce qui est nécessaire pour rétablir la confiance avec les chauffeurs", a-t-il assuré. "Il faut mieux entendre et comprendre les frustrations de certains de nos partenaires. La priorité est de redéfinir la façon dont nous travaillons avec eux, et j'ai décidé d'investir massivement pour ré-inventer l'échange, l'écouter et le soutien", explique Steve Salom, dans une tribune publiée dans
Les Echos.

Les effectifs des centres d'accueil ont ainsi été doublés, et une équipe dédiée aux relations avec les chauffeurs a été créée. Steve Salom annonce, en outre, l'ouverture d'un second espace d'accueil chauffeurs dans Paris avant la fin de l'année. "Désormais, les chauffeurs sont sollicités quotidiennement pour partager leurs sentiments et donner leur avis, notamment avant d'éventuels changements tarifaires", assure le directeur France d'Uber dans cette tribune.
 
Un dispositif d'aide sans plafond financier

La grogne était montée chez les chauffeurs en décembre 2016, lorsqu'Uber avait annoncé une hausse de sa commission. Une médiation gouvernementale avait abouti en février 2017 à ce qu'Uber propose une aide financière aux chauffeurs en difficulté, ce qui n'avait toutefois pas satisfait les syndicats.

Cette enveloppe financière, d'un montant de 2 millions d'euros, a finalement été transformée en un "dispositif sans plafond financier". Quelque "1,8 million d'euros ont été déjà investis. On va dépasser très allègrement l'enveloppe de deux millions d'euros dans les prochaines semaines", a indiqué le directeur France d'Uber.

Cette somme a servi à financer l'accompagnement par un prestataire extérieur de "plusieurs centaines de chauffeurs" qui rencontraient des difficultés financières, sur trois sujets : le coût du véhicule, le statut juridique et fiscal de l'entreprise, et la diversification de leur activité.
 
Aider la conversion des chauffeurs Loti

Par ailleurs, la compagnie s'est engagée à financer une partie de la formation des chauffeurs Loti (transport collectif à la demande), qui devront à partir du 1er janvier 2018 être titulaire de l'examen VTC pour exercer.

"On s'est engagé à hauteur de 200 euros par chauffeur", soit jusqu'à 3 millions pour les 15.000 chauffeurs Loti que compte l'Hexagone. "On est prêts à le faire si on peut aider ces chauffeurs à pérenniser leur activité et devenir VTC", a assuré Steve Salom.
 
F.G. (avec AFP)