Hisser le vélo à la hauteur du tramway, du moins, en matière de fréquentation, c'est l'objectif de Grenoble Alpes Métropole. La collectivité souhaite en effet que, d'ici à 2020, le nombre de déplacements à vélo soit équivalent à celui effectué en tramway. A savoir : 216.000 voyages par jour.
 
Pour cela, cette Métropole de plus de 444.000 habitants va investir 10 millions d'euros dans l'aménagement d'un réseau cyclable structurant autour de quatre axes : 
• le premier axe reliera Fontaine à Meylan (via Grenoble centre et La Tronche) ;
• le second sera aménagé entre Saint-Egrève et Saint-Martin d'Hères Campus (toujours via le centre de Grenoble) ;
• le troisième axe entre Grenoble Capuche et Vizille (via Echirolles, Pont-de-Claix, Jarrie)
• et le quatrième reliera Grenoble centre à Eybens.
Ce qui représentera un réseau linéaire d'environ 40 kilomètres.
 
Naissance de Chronovélo
 
Pour conforter la place de ce réseau cyclable dans l'espace public, la Métropole a souhaité lui donner une identité et un graphisme spécifiques. Son nom – "Chronovélo" – fait référence aux Chronobus, les lignes de bus métropolitaines à haut niveau de service.
 
Ensuite, le graphisme des marquages au sol a été soumis aux usagers par le biais d'une concertation et d'une expérimentation, qui a été menée entre décembre 2016 et janvier 2017 sur 400 mètres de l'avenue des Jeux-Olympiques.
 
"Durant cette phase de dialogue, les usagers ont exprimé fortement leur adhésion à un jalonnement fort et un intérêt pour des aires de services", indique la collectivité. Ils ont également souligné la nécessité de réaliser un marquage des intersections moins glissant et plus visible pour les automobilistes.
 
Cinquante aires de services
 
Car sécuriser les déplacements à vélo est l'un des objectifs visés. Pour cela, les designers se sont appuyés sur le jaune – couleur des Métrovélo de l'agglo et de la Métropole – et le bleu.
 
Ces marquages identifient les espaces réservés aux cyclistes et ceux partagés avec les autres modes de déplacement. Ils intègrent également des indications directionnelles, les intersections et les passages piétons.
 
Ces "autoroutes à vélos", ainsi qualifiées par les Grenoblois, devraient aussi compter une cinquantaine d'aires de services. "A l'instar des arrêts de transport en commun, ces stations porteront un nom et indiqueront le numéro de l'axe Chronovélo concerné. Des indications pour que les cyclistes se repèrent facilement tout au long de leurs itinéraires", précise la Métropole.
 
Ces aires de services comprendront un plan du quartier, un plan du réseau Chronovélo, des arceaux, un espace d'attente et de repos, une pompe.
 
Six millions d'euros par an pour les vélos
 
L'aménagement de ce réseau cyclable structurant n'obère pas celui de proximité, puisqu'il est prévu d'y consacrer 5 millions d'euros.
 
Actuellement, l'agglomération compte 320 kilomètres de pistes cyclables. Elle met à la disposition des Grenoblois 7.000 vélos (il devrait y en avoir 9.000 d'ici à 2020) et 12.000 places de stationnement.
 
Le budget consacré à la politique vélo s'élève en moyenne à 6 millions d'euros par an. Entre 2009 et 2016, la pratique cyclable à augmenté de 33%, et 70.000 voyages sont réalisés quotidiennement à vélo. Atteindre 216.000 déplacements en 2020 porterait à 12% la part modale du vélo.  
 
Christine Cabiron