La ministre des Transports Elisabeth Borne n'a pas manqué de s'arrêter sur le stand de la RATP, lors de sa visite au salon Viva Technology, le 16 juin à Paris. Celle qui dirigeait il y a encore quelques semaines la Régie parisienne s'est également intéressée, entre autres, aux stands de la SNCF, de Valeo, d'Airbus, d'EDF et d'Engie.

Elisabeth Borne en a profité pour esquisser la feuille de route qu'elle élabore pour son ministère en lien avec le Premier ministre et dans l'esprit du programme présidentiel d'Emmanuel Macron. Edouard Philippe prononcera, en ce sens, son discours de politique générale début juillet.

L'état dégradé des finances publiques constitue une réalité évidente. "Il n’y a pas de mystère sur le fait que les équations financières sont compliquées", mais "la contrainte financière, c’est aussi l’occasion de penser autrement la mobilité", a estimé Elisabeth Borne.

"Il faut qu’on apprenne à raisonner non pas en termes d'infrastructures mais en termes de services. C’est comme cela qu’on sera capable d’améliorer la mobilité quotidienne des gens aujourd’hui et non pas dans quinze ans", fait-elle observer. Certains projets d'infrastructures qui figurent sur l'ambitieuse liste seront-ils renvoyés aux calendes grecques ? La ministre reste prudente : "Je ne vais pas dire aujourd’hui si on revisitera ou pas des projets."

Soutien à l'innovation

Pour améliorer cette chaîne des services, la ministre veut, dans la lignée du président de la République qui a promis la création d'un fonds dédié de 10 milliards d'euros, mettre un coup d'accélérateur sur l'innovation. "Le soutien à l’innovation, l’accompagnement de toutes les nouvelles mobilités seront forcément au cœur des priorités de mon action", a-t-elle annoncé, car "on a plus que jamais besoin de l’innovation pour améliorer rapidement le service existant de mobilité, apporter des solutions dans tous les territoires. Ce n’est clairement pas le cas aujourd'hui."

Lors de sa visite sur le salon Viva Technology, Elisbeth Borne a expliqué que "les start-up nous montrent quelque chose d’intéressant sur les échelles de temps, puisque les gens aujourd’hui ne veulent pas qu’on leur dise dans quinze ans ça ira mieux. Il faut qu’on soit capable d’être agile et innovant et d’apporter des améliorations maintenant."
 
De l'importance d'investir dans le réseau existant

Elisabeth Borne confirme qu'elle s'inscrira dans une certaine continuité concernant la réorientation des investissements sur l'entretien des infrastructures existantes. "C’est important de ne pas tabler uniquement sur les nouvelles infrastructures, explique la ministre. Il y a des besoins sur les réseaux existants et il n’y a rien de plus mauvais que d’oublier l’entretien, la rénovation des réseaux. Forcément, la priorité, c’est de maintenir nos réseaux en l’état et de s’assurer que leur performance reste satisfaisante."

Reste à savoir quelle sera sa ligne concernant le désendettement de la SNCF, l'évolution du groupe ferroviaire, le financement du transport public, etc.

Enfin, interrogée sur l'identité de celui ou de celle qui lui succédera comme PDG à la RATP – plus d'une trentaine de profils seraient examinés –, Elisabeth Borne s'est en tiré par une pirouette : "Ce serait vexant qu'il n'y en ait pas autant !"

Marc Fressoz