Intercités 100% éco et Happy Hour, TGVMax, TGVpop, billets Prem's, offres Ouigo et de dernière minute... La Fnaut a étudié les évolutions tarifaires récentes des trains grandes lignes (TGV et Intercités). Résultat, l'association d'usagers constate, dans un dossier de presse, que "les petits prix sont issus d'un raisonnement purement commercial mis en œuvre avec le yield management alors que, du point de vue de l'usager, ils devraient répondre davantage à un besoin de service public".

Le yield management critiqué
 
En revanche, la Fnaut loue la SNCF pour la mise en place de cartes de réduction dans ses principes de tarification. "Ces cartes présentent un intérêt majeur pour le service public", explique-t-elle, car, "contrairement au yield management dans l'aérien, les voyageurs bénéficient d'une réduction garantie de 25%, même en heure de pointe et pour l'ensemble des trains du réseau".

L'association met ainsi en garde l'exécutif : "Dans l’encadrement de la tarification, l’État doit donc veiller à assurer le maintien de certains principes pour la SNCF mais aussi pour d’autres opérateurs dans le cas d’ouverture à la concurrence sous forme de délégation de services public".
 
Du low cost partout

La Fnaut propose trois axes de progrès. Le premier consisterait à étendre l'offre low cost. La Fnaut déplore que le nombre de circulations sur ce segment "reste réduit dans l'espace comme dans le temps" à l'image de l'offre Ouigo et des Intercités 100% Eco, "accentuant ainsi la discrimination entre quelques axes radiaux et le reste du réseau".
 
Concrètement, l'association d'usagers cite des liaisons transversales systématiquement oubliées, y compris importantes comme Nice-Lyon, Strasbourg-Lyon, Nantes-Lyon et Toulouse-Lyon en TGV ou Bordeaux-Marseille et Toulouse-Nice en Intercités. Nombre de relations ne sont pas quotidiennes. Sur les radiales, les villes moyennes ne sont pas desservies.

De l'information claire
 
Deuxième axe de progrès avancé : l'amélioration de l'explication de la tarification et de la commercialisation du train. L'association d'usagers estime, en effet, que "toute la documentation de la SNCF est à reprendre sous la forme d'un guide voyageur qui explique notamment les principes de la tarification". En particulier, l'information sur les cartes de réduction doit, à ses yeux, être "fortement améliorée" sur Internet et rétablie sur papier.
 
Car la Fnaut remarque que le principe du yield management  – "plus on achète à l'avance, moins c'est cher" – n'est plus en vigueur. En outre, les cartes de réduction sont présentées comme offrant 25% (30% pour la carte Jeune) de réduction garantis, alors que cette réduction se calcule à partir des prix Loisir variables liés au yield management. "A cause d’une information très insuffisante, cet affichage est perçu par les clients actuels et surtout potentiels comme un contre-sens qui dessert la SNCF elle-même", assure la Fnaut.

Vers un modèle économique sain
 
Troisième axe mis en avant : l'amélioration du modèle économique du système ferroviaire, associée à une amélioration de la productivité. La Fnaut suggère de s'en prendre aux causes des surcoûts et non à leurs conséquences.
 
Concrètement, l'association préconise de "saturer l'utilisation du parc dimensionné pour couvrir les heures de pointe", et notamment de maintenir les circulations en heures creuses en début de matinée, en fin de soirée voire de nuit. La Fnaut plaide également pour le cadencement des horaires.

En outre, celle-ci souligne que "ces offres petits prix ne pourront être pérennisées que si la baisse des coûts de production est maîtrisée et étendue". L'association considère ainsi que le modèle économique doit reposer sur une politique de volume : il s'agirait de négocier les coûts des sillons en fonction d'un volume de commandes, sachant la part importante des coûts fixes dans les coûts d'infrastructure.

"Ce point est fondamental et doit être étudié et mis en œuvre rapidement entre le client – SNCF Mobilités – et le fournisseur – SNCF Réseau – sous le contrôle de l’Arafer qui doit veiller à la réalisation de l’optimum économique du système ferroviaire", explique la Fnaut. Vaste programme.

Florence Guernalec