C’est une révision totale de la vision des transports que Philippe Saurel, président de Montpellier Méditerranée Métropole, a présenté le 7 juin 2017. "La mobilité est essentielle pour notre territoire. Grâce à ces grandes orientations de mobilité, nous allons offrir aux habitants une meilleure accessibilité avec une plus grande desserte des territoires métropolitains", a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse.
 
Cette réflexion, menée en concertation avec les 31 communes qui composent cette collectivité, s’inscrit en lien avec le Schéma de cohérence territoriale (SCoT) et le souhait de faire de Montpellier une "métropole en réseau".
 
Extension de la ligne 1 du tramway
 
Pour atteindre cet objectif, cette collectivité de 450.000 habitants a défini un programme d’actions en quatre points. Tout d’abord, elle souhaite s’appuyer sur les Transports express régionaux (TER).
 
Pour cela, elle s’est engagée à construire trois pôles d’échanges multimodaux à Notre-Dame de Sablassou, Montpellier-Sud-de-France (la nouvelle gare TGV située à proximité de l’autoroute A9 et de l’aéroport) et Villeneuve-lès-Maguelone. Ce qui portera à cinq ce type d’infrastructures facilitant le passage d’un mode à l’autre.
 
Par ailleurs, le réseau de tramway sera étendu. La ligne 1 (Mosson-Odysseum) sera prolongée jusqu’au pôle d’échanges de Montpellier-Sud-de-France. Ce qui représente une extension de 1,5 kilomètre, nécessitant la construction d’un pont (en cours) enjambant l’A9.
 
"Pour ce projet évalué à 40 millions d'euros, le financement est acquis", affirme Philippe Saurel. Cette extension permettra de connecter la nouvelle gare TGV à celle de Saint-Roch, située au cœur de Montpellier. Pour opérer cette extension, il est prévu d’augmenter d’une ou deux rames de tramway le parc actuel qui en compte 87.
 
400 M€ pour une 5e ligne
 
Après avoir achevé la quatrième ligne de tramway (mise en service en juillet 2016), les élus ont décidé de relancer le projet de construction d’une cinquième ligne de tramway. Celui-ci avait été retoquée par le commissaire enquêteur en raison de son itinéraire initialement prévu qui ne desservait pas les quartiers d’habitat collectif et traversait le parc Montcalm.
 
"Nous allons lancer des études plus poussées et complémentaires pour modifier la déclaration d’utilité publique et définir une nouvel itinéraire qui respectera les 5 hectares de ce parc protégé." Aujourd’hui, ce cinquième axe de transport en commun en site protégé reliera Clapiers à Lavérune.
 
Si ce projet a été validé par les élus métropolitains, il sera phasé en raison de son coût, 400 millions d'euros. "Une chose est sûre : nous débuterons les travaux de cette ligne dans sa partie nord avant la fin du mandat, c'est-à-dire avant fin 2020."
 
Quant aux financements, Philippe Saurel a bien l’intention d’aller frapper aux portes des autres collectivités : État, Région, conseil départemental... "Les charges financières qui pèsent sur la métropole sont gigantesques. Nous n’avons pas encore fini de payer les quatre premières lignes de tramway. Par conséquent, nous avons besoin de partenaires pour financer la cinquième."
 
Trois lignes de BHNS
 
L’armature du réseau TaM sera enrichie par trois lignes de bus à haut niveau de service (BHNS), une première à Montpellier. La première ligne desservira dans un premier temps la zone d’emploi du Millénaire-Eurêka, avant d’être prolongée jusqu’à Castries.
 
La seconde assurera des liaisons inter-quartiers entre la place Charles-de-Gaulle à Castelnau-le-Lez et le parc relais de Sabines. Enfin, la troisième ligne desservira les quartiers des Cévennes, Alco et Euromédecine depuis le Pérou.
 
Ces trois nouveaux axes s’étendront sur 50 kilomètres, dont la moitié sera en site protégé. L’objectif est d’accroître la vitesse commerciale des bus, donc l’attractivité de ce mode, et par voie de conséquence, les recettes commerciales.
 
75% de la population desservie
 
"Nous allons réaliser des travaux pour sacraliser et donner la priorité aux bus. Toutes les économies issues de la hausse de la vitesse commerciale seront injectées dans le réseau secondaire", indique Philippe Saurel.
 
Ces aménagements de voirie, dont les plus importants débuteront en 2018, sont aujourd’hui estimés à 30 millions d'euros. Enfin, quatre lignes structurantes seront développées pour mieux desservir les communes de la Métropole.
 
L’objectif de ces nouveaux services est de desservir 75% de la population d’ici à 2024, contre 51% aujourd’hui. En intégrant le réseau secondaire, 92% des habitants de l’agglomération disposeront d’un transport public. "Avec ces grandes orientations, c’est une autre concept de la mobilité que nous allons mettre en place à budget constant".
 
DSP en cours de négociation
 
En effet, Philippe Saurel et les élus métropolitains ne souhaitent pas augmenter ni les impôts locaux ni le budget de fonctionnement de TaM, qui s’établit actuellement à 64 millions d'euros par an.
 
A Montpellier, les transports publics sont opérés par une Société d’économie mixte, la TaM. Le capital de cette entreprise est majoritairement détenu par la Métropole, la ville de Montpellier, Transdev et la Caisse des dépôts, ainsi que par plusieurs organismes bancaires, la Chambre de commerce et d’industrie, celle des métiers et l’association CLCV (Consommation, logement et cadre de vie).
 
Cette SEM gère le réseau urbain (83,2 millions de voyages en 2016), le service de vélos partagés, le stationnement de voirie et certains parkings de Montpellier.
 
Des négociations sont actuellement en cours pour renouveler la délégation de service public qui arrive à échéance le 31 décembre 2017. Le futur contrat débutera donc le 1er janvier 2018 pour une durée de six ans.
 
Un nouveau délégataire en 2018 ?
 
"Dans le cadre de ces discussions, nous espérons dégager des marges financières en matière de fonctionnement pour accélérer les travaux programmés", indique Philippe Saurel qui n’a pas souhaité s’exprimer plus en détails sur les négociations.
 
Il a évoqué, de manière sibylline, la future DSP : "L'enjeu est simple : que nous ayons un nouveau délégataire début 2018. Celui-ci devra tenir compte de l’historique de la maison et du nouveau plan d’aménagement des transports."
 
Christine Cabiron