76% de trains à l’heure sur la branche allant à Saint-Rémy-lès-Chevreuse et 63,5% vers Le Plessis-Robinson. Depuis le début de l’année, le quotidien des usagers de la ligne B du RER est très fortement pertubé. Une situation d’autant plus difficile à vivre que cette ligne, qui traverse Paris du Nord au Sud a vu sa régularité augmenter de 7 points en 2016, selon Philippe Martin, directeur général adjoint de la RATP en charge des opérations de transport et de maintenance.

Cette dégradation est dûe aux travaux de la gare d’interconnexion d’Arcueil Cachan de la future ligne 15 sud du Grand Paris Express qui ont débuté en février 2017. Cette construction sous la ligne B du RER a contraint les opérateurs à réduire la vitesse des trains de 90 à 30 km/h sur un tronçon de 500 mètres tout en maintenant l’offre de transport à 20 trains par heure.

Résultat "une exploitation très tendue, avec aucune marge et des retards qui s’accumulent au moindre incident", expliquent en chœur Philippe Martin et Alain Krakovitch, directeur général de SNCF Transilien. Pour le seul mois de mars, les deux opérateurs ont constaté 40 incidents majeurs qui ont entrainé des retards voire des suppressions de trains.

Une situation qui exaspère Valérie Pécresse : "Je n’accepterai pas que les travaux du Grand Paris Express, qui doivent durer dix ans, se traduisent par une pénalisation dramatique du quotidien des usagers". Une trentaine de gares d’interconnexions doivent en effet être construites dans les années à venir, la plupart en souterrain sous les gares actuelles.

La présidente de la Région assure qu’elle n’avait pas été prévenue des conséquences possibles de ces travaux. Ce que dément la Société du Grand Paris (SGP) : "Notre méthode de travail depuis le début c'est la coconstruction avec tous nos partenaires", indique la SGP, expliquant que dans tous les comités techniques, comités de pilotage et comités de suivi qui jalonnent les travaux, "tous les partenaires sont présents", dont le Stif, sans compter "une coopération transversale", pour les appels à projets innovation, l'intermodalité, etc.

Valérie Pécresse, qui va relayer ces problèmes au prochain conseil du Grand Paris, souhaite "sanctuariser les heures de pointe" et réfléchir "en concertation avec les usagers" à d’éventuelles fermetures de la lignes certains week-ends.

Des solutions qui arrivent un peu tard pour les usagers de la ligne B qui risquent de subir des retards jusqu’en novembre 2017, date prévue de fin des travaux de gros œuvre à Arcueil Cachan. Seule éclaircie attendue, la période d'été où l'offre de transport est moins tendue.

Robert Viennet