Après une première enquête réalisée en 2012, le bureau de recherche 6-t a remis à jour et approfondi les résultats en 2016 avec le soutien financier de l'Ademe. Son objectif ? Mieux comprendre les différentes facettes de l'autopartage (principalement en boucle). Le bureau de recherche 6-t a ainsi identifié cinq facteurs de succès des systèmes d'autopartage : 
 
- des stations implantées dans des zones urbaines
6-t note que l'autopartage séduit les personnes qui n'ont pas besoin d'utiliser une voiture tous les jours (5% seulement) et disposent de moyens de déplacement alternatifs comme les transports en commun et le vélo.
 
- un réseau de stations dense
Les clients privilégient la proximité de la station par rapport au choix du modèle de voiture à 63%.
 
- une gamme de véhicules diversifiée
Utilitaire, familiale ou encore accessible aux PMR. Les clients veulent pouvoir jongler selon leurs besoins. Mais pour des raisons de disponibilité et de rentabilité du service, les véhicules électriques ne sont pas adaptés.
 
-  un accès au service facilité et souple
Le bureau de recherche recommande de permettre l'inscription au service par internet, de l'intégrer dans les passes transports ou carrément les smartphones, et de proposer plusieurs formules tarifaires, y compris sans abonnement.
 
- une promotion auprès des entreprises et collectivités
Pour assurer la rentabilité du système, il ne faut pas s'appuyer uniquement sur les particuliers mais rechercher une clientèle BtoB complémentaire en termes de plages horaires d'utilisation des véhicules.
 
Des collectivités encouragées à s'impliquer
 
Le bureau de recherche 6-t a également identifié le rôle que peuvent jouer les collectivités pour permettre le développement des systèmes d'autopartage.
 
Premier soutien évident, la mise à disposition de places en voirie qui permettent notamment de faire connaître le service. 30% des usagers actuels disent avoir découvert le système en passant devant une station.
 
Parallèlement, les collectivités doivent prendre des mesures pour restreindre le stationnement, selon 6-t. En effet, 43% des sondés déclarent que les contraintes de stationnement automobile ont joué un rôle dans leur décision de s'abonner à un service d'autopartage.
 
En outre, 6-t incite les collectivités à soutenir ces systèmes en faisant leur promotion auprès de leurs agents pour leurs déplacements professionnels et personnels afin d'assurer à l'autopartage une base d'usagers réguliers.
 
Enfin, le cabinet de recherche encourage également les collectivités à déployer une communication institutionnelle à travers les différents espaces dont elles disposent comme l'affichage, les salons et les bulletins municipaux, par exemple.
 
Encore un marché de niche
 
Ces mesures devraient permettre de démocratiser l'autopartage qui, selon l'enquête, demeure encore "un marché de niche, avec une large surreprésentation de personnes plutôt âgées, financièrement aisées et fortement diplômées par rapport à la population des grandes villes françaises dans lesquelles ils résident".

Selon 6-t, il faudrait, en outre, communiquer sur les avantages économiques de l'autopartage par rapport au coût de possession d'une voiture individuelle (5.700 euros/an tout compris selon la DGCCRF). Enfin, cette enquête considère que "l'autopartage pourrait vraisemblablement se démocratiser s'il occupait davantage de place dans les médias"...
 
Florence Guernalec