Le message est clair : dans sa nouvelle campagne de communication présentée le 15 mai 2017, le SMTC Tisséo déclare la guerre à celles et ceux qui, par leur attitude irrespectueuse, dégradent les conditions de confort des autres voyageurs.
 
La cible ? Les personnes ayant un comportement qualifié de "déviant" par le transporteur. En clair, celles et ceux qui laissent leurs détritus dans les transports en commun, qui écoutent "de façon abusive" des appareils bruyants, qui voyagent en état d’ivresse, parlent fort au téléphone, font obstacle à la fermeture des portes ou agressent les agents de Tisséo.
 
Sans compter les fraudeurs dont le nombre a légèrement augmenté, notamment dans le métro. Chaque jour, sur les 500 000 voyageurs qui utilisent les transports en commun toulousains, plus de 26.000 personnes ne paient pas ce service public. En sachant qu’à Toulouse, l’utilisateur ne supporte que 18% du coût de fonctionnement du réseau urbain, là où en France la moyenne est de 30%.
 
La fraude pénalise le développement du réseau
 
Dans la ville rose, la fraude représente un manque à gagner de 10 millions d’euros par an. Un phénomène "très pénalisant pour Tisséo par rapport aux enjeux de développement du réseau dans les années à venir", indique un communiqué de presse.
 
Les élus du SMTC Tisséo ont par conséquent décidé de sévir. "Dorénavant la fraude et les infractions comportementales seront sanctionnées et pourront même faire l’objet d’un dépôt de plainte en cas de dommage matériel pour Tisséo."
 
Des amendes de 60 à 110 euros
 
Toute incivilité sera sanctionnée par une amende dont le montant variera de 60 à 110 euros. Même tarif pour les personnes créant des nuisances sonores. Par ailleurs, voyager sans titre de transport coûte 60 euros depuis septembre 2016.
 
Tisséo rappelle également que l’outrage à une personne chargée d’une mission de service public est un délit passible de six mois d’emprisonnement et de 7.500 euros d’amende.
 
Concrètement, Tisséo a prévu de renforcer la présence humaine dans les lieux stratégiques les plus fréquentés afin de sensibiliser les usagers à la validation systématique, mais aussi au risque de sanctions en cas d’infraction avérée. Les équipes seront constituées de contrôleurs et d’agents issus des différents services de l’entreprise.
 
Des adresses bientôt vérifiées

Autres mesures prises, celles découlant de la loi Savary relative à la prévention et à la lutte contre les incivilités, les atteintes à la sécurité publique et contre les actes terroristes dans les transports collectifs : obligation de détenir un justificatif d’identité, baisse du délit de fraude d’habitude de 10 à 5 contraventions, interdiction des mutuelles de fraudeurs, aggravation du délit de déclaration de fausse identité ou de fausse adresse.
 
A ce titre, Tisséo a participé aux travaux de création d'une plate-forme commune d’adresses des contrevenants aux côtés de l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP), la RATP, Transdev, Keolis et la Régie des transports métropolitains de Marseille (RTM).
 
Cette plate-forme baptisée "VACS", permettra de vérifier les adresses fournies par les fraudeurs en croisant les informations données avec celles du Fichier des comptes bancaires et assimilés (FICOBA) et du Répertoire national commun de la protection sociale (RNCPS).
 
L’objectif est d’accroître le taux de recouvrement des amendes. A Toulouse, Tisséo à dressé plus de 16.000 procès-verbaux en 2016, dont 48% ont été payés.
 
Christine Cabiron