Démission surprise de Christian Estrosi moins d'un an et demi après son élection en décembre 2015. La région Provence Alpes Côte d'Azur va donc devoir désigner un nouveau président dans sa majorité pour présider le conseil régional. Ce dernier devra notamment mener à bien les différents chantiers ouverts dans le secteur de la mobilité, comme la renégociation de la convention TER avec la SNCF ou encore la préparation du transfert à la Région des lignes d'autocars scolaires.

Son successeur pourrait être le marseillais Renaud Muselier, qui est actuellement premier vice-président (LR) de la région PACA. Ancien membre du gouvernement Raffarin, il est également député européen depuis 2014. Christian Estrosi continuera cependant de siéger dans l'hémicycle régional, assure-t-il.

Mais l'élu LR préfère retrouver son fauteuil de maire de Nice, qu'il avait cédé à son adjoint, Philippe Pradal. "A cette place, je pourrai (…) préparer l’arrivée du tramway (de la ligne 2, NDLR) et prendre des initiatives fortes pour que Nice soit enfin respectée par l’État et le nouveau gouvernement", a-t-il expliqué.
 
Des économies au bilan

En près de dix-huit mois, Christian Estrosi estime avoir lancé la plupart de ses engagements de campagne à la Région, parmi lesquels "la relation de mise sous pression de la SNCF qui nous a permis de faire des économies substantielles". Faute de convention TER signée en 2016, "la SNCF facture les prestations assurées" pour 2017 et "nous organisons des transports alternatifs", a précisé Christian Estrosi selon lequel la Région a ainsi réalisé "44 millions d'euros d'économie".
 
Les négociations sur la future convention TER, qui devait entrer en service au 1er janvier 2017, ne sont pas terminées. En effet,
la Région refuse de payer les 291 millions d'euros prévus par la convention actuelle et réclame un rabais de 36 millions en raison notamment des nombreuses grèves et du manque de conducteurs qui ont affecté le trafic ferroviaire dans sa région depuis janvier.
En outre, L’analyse de l’Autorité de la qualité de service dans les transports (AQST) fait apparaître que la région PACA détient le record des
taux de retard (à plus de 5mn59’) à 15,1%. Selon Christian Estrosi, 40 trains ont été supprimés en moyenne par jour en 2016.

Ainsi, celui-ci souhaite
expérimenter l'ouverture à la concurrence dès 2019, "et même avant si l'État le permet", notamment sur la ligne entre Marseille et Nice. La Région dit également travailler à la création d'un groupement européen de coopération territoriale qui associerait Monaco et la Ligurie en Italie. "L'objectif est de permettre à un autre opérateur [que la SNCF, NDLR] de faire circuler des trains sur la ligne Azur entre Cannes et Gênes", précisait Christian Estrosi en octobre 2016.
 
Des investissements dans la sûreté
 
De plus, Christian Estrosi a également mis l'accent sur la sûreté des passagers. Ainsi, un tiers des gares provençales seront équipées de
portiques de sécurité d'ici à septembre 2017. Huit d'entre elles le seront de manière permanente, tandis 39 le seront avec des portiques mobiles. Ce dispositif, financé par la Région, représente un investissement de 556 000 euros.

"Mon objectif, c’est résolument Nice. C’est toujours Nice", jure Christian Estrosi. "Et ni un poste au gouvernement, ni une autre proposition ne me fera changer d’objectif", a assuré l'élu qui avait reçu Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle.

A voir.

Marc Fressoz