La RATP s’apprête à tester "Aptis", le premier bus électrique construit par Alstom-NTL. Ce véhicule, qui circulera sur les lignes 21 et 147* du réseau à partir de juin, offre "le confort et l’espace d’un tramway, tout en étant un bus électrique", décrit Benoît Stephan, le directeur des ventes d’Alstom France. "Vingt mètres carrés sont dédiés à l’espace voyageurs… une innovation. Et on a 25% de surfaces vitrées de plus qu’un bus traditionnel."

Ce véhicule de 12 mètres de long peut transporter une centaine de personnes. Il est doté d’un plancher bas intégral, d’où l’impression pour le voyageur d’évoluer juste au-dessus du sol, à la différence d’un bus classique.

Autre caractéristique originale, les pneumatiques de l'Aptis sont montés sur des essieux placés aux extrémités avant et arrières du bus (voir photo). Ce qui permet de réduire l’amplitude des virages et d’économiser "25% d’espace urbain". De même, l’entrée du bus se situe derrière la cabine du conducteur, de sorte que les voyageurs désireux d’acheter un ticket, par exemple, n’obstruent pas le passage à l'entrée.   

Par ailleurs, tous les organes ou composants techniques – chaîne de traction, batteries, climatisation – sont installés et "étalés" dans la toiture. "Notre bus a une durée de vie de vingt ans, précise-t-il. On va renouveler ses batteries deux ou trois fois."  Testé sur site par Alstom, l’Aptis offre une autonomie de 220 km.

Engranger des savoir-faire et des données

Ce nouveau test va permettre à la RATP de finaliser la campagne d’expérimentations, qu’elle mène depuis fin 2015. En effet, l’opérateur a déjà fait circuler – sur les lignes 21 et 147 et dans les mêmes conditions – les véhicules des constructeurs Irizar, Solaris, Dietrich Carebus et Yutong, Heuliez et BYD. C’est donc au tour d’Alstom d’être examiné sous toutes les coutures, dans les conditions réelles d'exploitation, c'est-à-dire avec de vrais usagers à son bord. 
 
Selon
Alain Batier, directeur du département matériel roulant bus de la RATP, ce type de tests présente un double avantage. Cela permet à l’opérateur d’acquérir des "savoir-faire et des données sur l’autonomie des bus" et aux constructeurs "de connaître les besoins de la RATP".
 
La Régie parisienne analyse ainsi la performance de la chaîne de traction (batteries, moteurs) et des systèmes de recharge. Elle mesure également les conséquences de la technologie sur l’exploitation (impact pour le machiniste, les voyageurs, les riverains) et sur la maintenance (fiabilité du matériel, adaptation des équipements industriels et de la maintenance, adaptation de l’alimentation du centre bus, etc.).  

Vers un parc de bus 100% écologique d’ici à 2025

Surtout, ces expérimentations ont le mérite de préparer le premier appel d’offres massif de bus électriques qui doit être lancé à la fin de l’année 2017.
 
Pour Alain Batier, les livraisons de bus électriques se feront par centaines et par an à partir de 2019. "Le critère de choix du bus électrique, indique-t-il, c’est le coût complet du bus, de sa durée de vie à sa consommation..."
 
L’objectif de la RATP est clair : il s'agit de constituer un parc de bus composé à 80% de bus électriques et à 20% de bus à gaz renouvelable et non fossile à l’horizon 2025. En outre, le renouvellement d’une flotte de 4.600 bus offre de véritables perspectives aux constructeurs.
 
Cette politique de renouvellement des véhicules est le fil conducteur du "plan Bus2025" mis en place par la RATP. Ce qui permettra, selon elle, de diminuer son bilan carbone de 50%.
 
Hadrien Baer


* La ligne 21 relie la Gare Saint-Lazare à la Porte de Gentilly et la ligne 147 Sevran à Eglise-de-Pantin.