Avec la belle saison, l’opérateur des transports publics marseillais a ressorti ses habits de marin. Le 29 avril 2017, la Régie des Transports de Marseille (RTM) a relancé ses liaisons maritimes qui permettent de desservir les arrondissements littoraux les plus éloignés du centre de la cité phocéenne.

Depuis le Vieux-Port, deux lignes – de trente-cinq minutes de trajet chacune – fonctionneront jusqu’au 1er octobre : l'une vers l'Estaque au nord, l'autre vers la Pointe-Rouge au sud. A partir du 1er juillet, une troisième ligne reliera la Pointe-Rouge aux Goudes, à l'entrée des Calanques.

C’est la sixième année consécutive que la RTM développe ce moyen de transport pour le compte de l’autorité organisatrice, à savoir la métropole Aix Marseille Provence. La Régie exploite cinq bateaux de 123 places, ainsi qu'un navire neuf commandé à un chantier naval de Martigues et qui est entré en service cette année.

Le retour de ces navettes, qui offrent un vrai agrément à ses passagers, étant donné le taux de satisfaction de 97%, était visiblement très attendu. Dès le premier jour, “près de 2.000 personnes ont embarqué sur les deux lignes“, indique la RTM.

Est-ce annonciateur d'une saison record ? Pas sûr. Les bateaux de la RTM sont loin de connaître une fréquentation linéaire. Au fil des ans, celle-ci dessine plutôt une crête précédée et suivie de creux, comme le montrent les chiffres de l’exploitant :

• 2012 : 262.285 passagers transportés
• 2013 ; 418.608 passagers
• 2014 : 408.127  passagers
• 2015 : 335.117 passagers
• 2016 : 291.000 passagers

Depuis le pic de 2013, la fréquentation a donc plutôt tendance à s’éroder et à revenir aux chiffres de l'année de l'inauguration ! En fait, en 2013 et 2014, le service comptait un mois d'exploitation supplémentaire. Il débutait en avril et non en mai. Ensuite, la fréquentation moyenne qui tourne plutôt autour de 300.000 passagers annuels peut fluctuer avec la météo et le tourisme.

Un service saisonnier intégré au réseau​ urbain


Mais quel est d'ailleurs l'objet de ce service ?  S'agit-il d'un moyen de transport destiné à capter l'essor du tourisme à Marseille ou bien de permettre aux usagers réguliers d'échapper à la congestion de la circulation de Marseille en passant par la mer ? “Je vous arrête, ce n'est pas une ligne destinée au tourisme“, indique le service de communication de l’opérateur.

La tarification apporte un début de réponse, qu'il s'agit de nuancer. C'est un service saisonnier intégré au réseau de métros, de trams et de bus de la RTM. Monter à bord est gratuit pour les abonnés, les titulaires d'un titre transpass (Pass XL, combiné et libre circulation). En revanche, les voyageurs occasionnels doivent payer (uniquement à bord) le trajet 5 euros, le titre étant valable une heure trente sur le reste du réseau. La multimodalité fonctionne relativement. Près de la moitié des gens qui utilisent la navette Vieux-Port-les Goudes utilisent le bus.

Entre les abonnés et les passagers occasionnels, qui remplit les navettes maritimes de la RTM ? “La fréquentation est à l’équilibre avec environ 50% de Marseillais et résidents PACA et 50% de passagers provenant d’autres départements", souligne la RTM, qui précise que souvent les abonnés utilisent rarement les deux lignes de façon quotidienne, pendulaire, en raison surtout de la fréquence des départs, soit toutes les heures.

“Il s’agit pour une majorité d’une utilisation occasionnelle. On utilise les navettes en famille ou entre amis (9 cas sur 10) : la majorité des usagers ont d’ailleurs entre 25 et 54 ans, avec une présence d’enfants marquée.

Les navettes permettent de mêler service public, utilité, agrément, convivialité et d'entretenir tout simplement l'art de vivre marseillais.
 
Marc Fressoz