La décision d'aligner à nouveau les contraventions des cyclistes strasbourgeois sur celles des automobilistes a été prise à l'issue d'une expérimentation menée depuis fin 2012 dans l'agglomération. "Je suis obligé de dire que cette expérience n'a pas apporté ce que nous espérions, à savoir la baisse des incivilités", a déploré le procureur de la République Michel Senthille.

Les cyclistes en infraction devaient alors s'acquitter d'une contravention de 45,60 euros (au lieu de 90 euros), en contrepartie d'une verbalisation plus systématique."La clémence accordée n'a pas eu pour corollaire la responsabilisation du cycliste", a-t-il déploré

Entre le 1er janvier 2013 et le 1er janvier 2017, 2.688 infractions ont été constatées. "Le plus souvent, il s'agit du on-respect du STOP, le non-respect d'un feu rouge, puis vient l'usage du téléphone, la circulation en sens interdit, le port d'écouteurs (interdits depuis juin 2015), le refus de priorité", a détaillé le magistrat.

Le nombre d'accidents a certes baissé dans un premier temps – passant de 108 en 2012 à 66 en 2015 – mais il est remonté à 105 en 2016, avec trois morts parmi les cyclistes. Dans plus de la moitié des accidents, et "même 60% en 2016", les cyclistes étaient responsables.

Un code de la route pour tous

"Il faut que les cyclistes comprennent que la gravité du franchissement d'un feu rouge est la même que pour les automobilistes. Le code de la route est le même", a conclu le magistrat.

Pour le maire (PS) de Strasbourg, Roland Ries, qui approuve cette mesure, "la cohabitation piéton-cycliste doit passer par la réduction de la vitesse du plus rapide". Il a ajouté tenir compte d'une "psychose des piétons" vis-à-vis des vélos, en particulier "les plus fragiles comme les personnes âgées, les malvoyants ou les personnes ayant des difficultés de déplacement".

La municipalité de Strasbourg, où la pratique du vélo au quotidien est très largement développée, notamment en centre-ville, revendique le premier réseau cyclable de France avec 560 kilomètres de pistes dédiées.

AFP