"Parlons vélo !" avec les candidats. La Fédération française des usagers de la bicyclette (FUB) s'invite dans la campagne présidentielle. La FUB a adressé un questionnaire aux candidats. Seuls, trois ont à ce jour, répondu : Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon, Philippe Poutou.
 
Après
Le Club des villes et territoires cyclables, la FUB et ses partenaires en profitent pour faire la promotion de leurs propositions pour une France cyclable. Les internautes sont invités à signer la pétition en ligne pour soutenir ses propositions. La FUB organise également une campagne de financement participatif pour interpeller les candidats aux législatives de juin via son site dédié Parlons vélo.
 
Ce "programme" s'articule autour de trois axes :
 
1) Instaurer un budget national vélo
Ce budget serait destiné à financer
- un appel à projets "territoires cyclables" ;
- résorber les coupures urbaines ;
- terminer les véloroutes Eurovélo ;
- mener des campagnes de sensibilisation grand public.
 
2) Créer une culture vélo en agissant dès l'école primaire
Il s'agit de mettre en oeuvre un véritable apprentissage de la mobilité à vélo pour garantir la compétence "se déplacer seul en milieu urbain" à toute la jeunesse.
 
3) Inciter l'usage du vélo par une fiscalité adaptée

La FUB plaide pour une généralisation de l'indemnité kilométrique vélo et une augmentation du plafond, extension de l'aide à l'achat des VAE aux vélos utilitaires (pliants, cargo...) avec des montants cohérents.

La FUB préconise également des mesures pour aider au développement d'un écosystème autour du vélo : 
- favoriser l'installation d'entreprises qui innovent grâce au vélo, que ce soit en termes de service ou de vente ou confection d'équipements ;
- relancer l'emploi du secteur par la création d'un "chèque réparation" ;
- reconnaître le stationnement vélo comme un outil d'efficacité énergétique du bâtiment.
La FUB explique que cela implique de figurer dans tous les plans de "rénovation énergétique" et bénéficier des mêmes dispositifs que l'isolation thermique (crédit d'impôts, CEE, etc.).
 
Autant de sujets qui seront discutés lors du 17e congrès de la FUB qui se tient du 28 au 30 avril 2017 à Nantes sur le thème "Le vélo façonne et fascine la ville". Moins les candidats à la présidentielle à l'évidence...
 
F.G.

(1) Les 14 partenaires de la FUB : AF3V, Aguidon plus, Altinnova, Cyclable, La Fédération européenne de cyclistes, Fnaut, FNCRM, FNE, L'Heureux cyclage, MCF, RAC, Respire, Rue de l'avenir, L'Union sport & cycle.
 
 
La Fabrique écologique fait aussi ses propositions

Dans une note destinée notamment aux candidats à la présidentielle, l'ONG préconise la création d'une "Mission interministérielle pour le vélo", chargée de mettre en place "un plan national de sensibilisation à l'usage du vélo". Cette mission, qui serait financée par une taxe sur les ventes des constructeurs de voitures et de motos, devrait également "veiller à la cohérence du développement des infrastructures vélo dans les territoires".

Selon l'ONG, l'actuelle Coordination interministérielle pour le développement de l'usage du vélo "est constituée de deux fonctionnaires" et "n'a pas de budget dédié". "L'investissement national dans les politiques cyclables est quasi inexistant", affirme La Fabrique Ecologique: "La France consacre 0,01 euro de son budget par an et par habitant au vélo", contre 1,24 euro en Allemagne et 4,82 euros au Danemark.

L'ONG propose la création d'un "fonds d'investissement", alimenté notamment par la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam), afin de "résoudre l'insuffisance des investissements en infrastructures cyclables". La Cnam est en effet "la première bénéficiaire" des économies en matière de soins de santé engendrées par le vélo, souligne-t-elle.

Enfin, un "budget unique mobilité" devrait permettre de "rééquilibrer les incitations financières par les employeurs pour les trajets domicile-travail de leurs salariés". Résultant de l'unification de "l'ensemble des dispositifs existants", il serait "indépendant du mode de transport choisi par le salarié" et de la distance domicile-travail. Son montant "serait compris entre 100 et 200 euros par salarié et par an".

AFP