Lors d'un changement d'opérateur dans le transport urbain, les salariés sont garantis d'être repris. Ici, rien n'est moins sûr si l'on en croit les employés de Cyclocity, la filiale du groupe JCDecaux actuellement détenteur du marché Vélib', l'offre de vélos en libre-service. Ainsi, une centaine de salariés en grève ont à nouveau manifesté à Paris pour le maintien de leur emploi.

Une délégation a été reçue, le 4 avril 2017, par le Syndicat Autolib' et Vélib' Métropole, qui fédère Paris et les 100 communes partenaires du dispositif Vélib'. Celui-ci leur a fait savoir que le futur repreneur Smoove "s'engageait à reprendre une partie de l'effectif", a indiqué à l'AFP Bambo Cissokho, secrétaire du comité d'entreprise de Cyclocity.

"La dimension sociale du projet" est "une priorité du syndicat Vélib'Métropole et de Smoovengo", souligne dans un communiqué ce consortium composé de la start-up héraultaise Smoove, et d'Indigo, Mobivia et Moventia. "Si le marché lui est notifié, Smoovengo débutera les dialogues de recrutement de ses équipes dans le cadre d'une démarche bien évidemment largement et prioritairement tournée vers les salariés de l'actuel exploitant en proposant à tous ceux que ce dernier ne voudrait pas garder pour ses activités publicitaires de rejoindre Smoovengo", poursuit le consortium.

Le Syndicat s'est engagé également "à s'adresser à JCDecaux pour qu'on soit reclassé dans le groupe", a ajouté le porte-parole des 315 salariés. Le syndicat Autolib' et Vélib' Métropole et l'exécutif parisien ont informé à plusieurs reprises qu'ils seraient "attentifs à ce qu'aucun salarié ne reste sur le carreau".

 

"Nous sommes mécontents. Nous, nous voulons continuer à travailler pour Vélib'. On ne veut pas laver des abribus ou coller des affiches pour JCDecaux", a-t-il ajouté. "Vélib' va passer de 18.000 à 30.000 vélos, on ne peut pas imaginer ne pas continuer notre travail", a affirmé le porte-parole en précisant que l'ensemble des salariés allaient être informés et consultés sur la poursuite du mouvement.
 
Les salariés ont poursuivi le 4 avril leur action de grève perlée, lancée le 31 mars pour "perturber" le service. "On ne répare plus, on ne ramasse plus les vélos dans les stations pleines, on fait tout traîner", selon le porte-parole. Ils devaient également rencontrer dans la journée les responsables de Cyclocity-JCDecaux à qui ils reprochent de "n'avoir pas anticipé le fait qu'ils pouvaient perdre". Enfin, les salariés seront reçus le 10 avril par Christophe Najdovski, adjoint EELV aux Transports de la maire PS de Paris Anne Hidalgo.

Le comité syndical du syndicat mixte Autolib’ Vélib’ Métropole délibérera le 12 avril 2017. Le "prestataire actuel et le prestataire futur seront mis en situation d'assurer en responsabilité la continuité du service Vélib'", et le "respect des salariés en est une condition essentielle", indique un communiqué. C'est pourquoi "dès le 12 avril prochain, le syndicat demandera au futur prestataire d'engager un dialogue constructif avec les salariés et sera très vigilant à sa conduite".
 
F.G. (d'après AFP)