"La capacité du matériel roulant et les systèmes de signalisation des lignes de métro automatiques existantes ne répondent déjà plus aux besoins des agglomérations aujourd'hui. Demain, avec l'explosion des populations urbaines, le marché des métros automatiques va progresser de 5 à 10% par an et représenter 13 milliards d'euros entre 2011 et 2015 pour rénover, moderniser et construire de nouveaux systèmes", a estimé Pierre Mongin, pdg du groupe RATP, lors de l'annonce de la création de Metrolab, le 12 avril, au congrès de l'UITP de Dubaï. Une joint venture entre le groupe RATP et Alstom.


"Le Grand Paris est une opportunité"

Cette co-entreprise de Recherche et Développement, détenue à 50/50 par le constructeur ferroviaire français et l'opérateur de transport parisien, "sera un incubateur pour designer, concevoir et vendre le métro automatique du XXIe siècle, du matériel roulant au système de signalisation, de télécom et d'information voyageurs", a ajouté Philippe Mellier, président d'Alstom Transport. 
"Les deux partenaires vont investir "des dizaines de millions d'euros financés par fonds propres et à parts égales pour mettre au point des solutions totalement automatisées et innovantes de transport urbain et périurbain, nouveau ou existant", ont relevé les dirigeants des deux groupes.

Le premier prototype de ce métro du futur doit voir le jour en 2013. Juste à temps pour le métro automatique du Grand Paris ? "Le Grand Paris est bien sûr une opportunité, mais nous proposerons sans doute notre nouveau système dans le monde entier avant de le faire à la Société du Grand Paris (SGP ndlr), le donneur d'ordre que nous ne sommes plus aujourd'hui. Nous ne sommes pas certains de placer le nouveau métro automatique qui sortira de notre laboratoire à la SGP", répond Pierre Mongin.

"L'affaire du Grand Paris a été le déclencheur, la RATP a besoin de changer de posture aujourd'hui, de passer du statut d'acheteur public à celui de producteur de système de transport. C'est pour cela que nous discutons depuis un an avec Alstom pour conclure cet accord industriel stratégique", a t-il ajouté.

Nathalie Arensonas