Si l'information est confirmée, ce serait un coup de tonnerre pour le sortant JCDecaux. La commission d'appel d'offres se serait prononcée, le 21 mars 2017, en faveur de son concurrent Smoove, selon le journal Le Parisien. Il ne resterait plus qu'au syndicat mixte Autolib' et Vélib' Métropole à confirmer ce choix vers la mi-avril.
 
Ainsi, le contrat d'exploitation des vélos en libre-service implanté à Paris et sur une quarantaine de communes limitrophes reviendrait à une "start-up" associée à Indigo, Moventia et Mobivia. Fondée en 2008 par les frères Mercat, Smoove compte une trentaine de salariés et réalise un chiffre d'affaires de 9 millions d'euros. Cependant, un recours du perdant ne serait pas exclure. En effet, lors de l'attribution initiale du marché en 2006, JCDecaux avait fait annuler le premier appel d'offres remporté par ClearChannel...

Des innovations très utiles
 
Le contrat de quinze ans doit démarrer à partir du 1er janvier 2018. Le cahier des charges prévoit un parc de vélos plus légers dont 30% de VAE. Il s'agissait également de proposer une solution pour mieux sécuriser les vélos contre les vols et les dégradations, un phénomène toujours mal maîtrisé à ce jour. Or, Smoove a développé le boîtier électronique Smoovebox, situé sur la potence du vélo, qui permet notamment de bloquer la direction de la roue avant et rend la bicyclette inutilisable.
 
En outre, Smoove répond à un autre problème identifié par les usagers concernant les places disponibles pour déposer un vélo qui n'a recueilli que 56% d’avis satisfaits lors de la dernière enquête annuelle. La start-up vient d'annoncer le lancement d'Overflow intégré à sa Smoovebox, une solution qui permet de résoudre le casse-tête posé par les limites de capacité des stations : lorsque l’utilisateur souhaite déposer son vélo dans une station déjà pleine, celui-ci est automatiquement reconnu et considéré comme rendu. Il lui suffit ensuite d'actionner la fourche-cadenas qui sécurise le vélo et de l’attacher au vélo d’à côté ou à un point fixe.

Une exécution du contrat remise en cause
 
Il apparaît également que la Ville de Paris n'était pas satisfaite de l'évolution du contrat au fil des ans. La Mairie de Paris avait, ainsi, saisi l’inspection générale, par lettre du 14 janvier 2015, pour mener une mission d’audit du contrat Vélib’. Il s’agit du deuxième audit de l’inspection générale qui complète
le contrôle de la chambre régionale des comptes en 2012 et celui opéré en 2013 par la direction des finances de la Ville.

Il ressort de
cet audit publié en février 2016 que "l’équilibre du contrat, fortement modifié par trois avenants et deux transactions, est aujourd’hui en défaveur de la Ville et l’efficience du service Vélib’ reste difficile à mesurer en l’absence d’indicateurs fiables et pertinents".
 
F.G.