Auparavant recommandé, désormais obligatoire. La mesure avait été annoncée en octobre 2015 lors d'un Conseil interministériel de sécurité routière. Puis le décret, paru au JO du 22 décembre 2016, laissait trois mois aux familles pour s'équiper d'un casque certifié. En conséquence, une personne transportant ou accompagnant un enfant de moins de 12 ans sans casque à vélo devra s'acquitter d'une amende de quatrième classe (90 euros).

"Il s'agit d'attirer l'attention de tous à travers une mesure qui est facile à accepter", explique le délégué interministériel à la sécurité routière Emmanuel Barbe. "C'est une mesure douce, qui a aussi une valeur pédagogique envers les parents", précise-t-il : "Si un parent n'en met pas, l'enfant va demander Pourquoi tu ne mets pas de casque ?. On veut passer le message par la voix des enfants".

Les effets protecteurs du casque diminuent le risque de blessure sérieuse à la tête de 70%, celui de blessure mineure de 31% et celui de blessure au visage de 28%, selon la Sécurité routière.

Le port du casque est obligatoire dans 12 pays de l'Union européenne. En Finlande, il est imposé à tout âge ; jusqu'à 18 ans en République tchèque et Lituanie ; jusqu'à 16 ans en Espagne, Croatie et Estonie ; jusqu'à 15 ans en Suède, Slovaquie et Slovénie ; jusqu'à 12 ans en Autriche et Lettonie et jusqu'à 10 ans à Malte.

 
Une campagne de communication destinée à choquer
critiquée par des associations d'usagers

Cette mesure n'est "pas la plus pertinente", estime la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB). "On n'est pas contre mais espérer que ça va changer la sécurité routière du cycliste, c'est un non-sens", affirme son président Olivier Schneider, en rappelant qu'un seul enfant de moins de 12 ans est mort à vélo l'an dernier.

"Une véritable mesure de sécurité routière serait de systématiser l'apprentissage de la mobilité vélo à l'école primaire, pour savoir faire du vélo sur la voie publique (...) Ce n'est pas parce qu'on porte un casque qu'on va savoir éviter les accidents", estime-t-il. "Et ça envoie le signal que faire du vélo est dangereux."
 
Certains soulignent aussi que ce sont les personnes âgées qui paient le plus lourd tribut à deux-roues et s'étonnent que la mesure ne soit donc pas appliquée à l'ensemble de la population. Au-delà d'une nouvelle contrainte légale qui pourrait être mal accueillie dans l'opinion, "il y a une pratique du vélo où ce serait difficile à imposer", reconnaît Emmanuel Barbe.

Une obligation pour tous les cyclistes entraverait notamment le nouvel engouement pour les déplacements à vélo suscité par les systèmes de libre-service (Vélib', Velo'v...) qui se développent depuis une dizaine d'années.

Florence Guernalec (avec AFP)
 
 
Les chiffres clés
 
Environ 5,5 millions d’usagers vélo occasionnels ou réguliers âgés de moins de 12 ans.
 
De 2011 à 2015, 1.178  enfants de moins de 12 ans ont été impliqués dans un accident de vélo, parmi lesquels 26 enfants ont été tués, 442 enfants ont été blessés hospitalisés, 665 enfants blessés légers et seulement 45 enfants ont été indemnes.
 
91 % de ces accidents (et 85 % des décès) se sont produits en agglomération, selon les chiffres 2015 de l'Observatoire national interministériel de la Sécurité routière.

Plus globalement, les cyclistes ont vu leur mortalité repartir à la hausse en France en 2016 : l'an dernier, 159 cyclistes ont été tués sur les routes (10 de plus qu'en 2015, +7%).

Et dans un mois de février 2017 exceptionnellement clément (203 tués), le moins meurtrier depuis mars 2013, la mortalité des cyclistes, elle, est restée orientée à la hausse (+14% par rapport à février 2016).