Les négociations entre Uber et ses chauffeurs partenaires sur les tarifs ont tourné court. Après plus de cinq heures trente de réunion, dans un hôtel parisien, un constat d'échec a été tiré par les organisations de chauffeurs. D'après eux, Uber a argué qu'il ne pouvait pas bouger ses prix "par peur de perdre des clients".
 
"Son interlocuteur principal, c'est le client. Il n'a aucune reconnaissance pour les chauffeurs", a déclaré à l'AFP Fabian Tosolini de l'intersyndicale (CFDT, Actif-VTC et UDCF). Celui-ci a appelé les clients d'Uber "à une prise de conscience collective".
 
Imposer un tarif minimum
 
"C'est une désillusion, on est en colère", a déclaré Fabian Tosolini. "Le fait qu'Uber vienne sans aucune proposition chiffrée montre que cette entreprise n'est pas mûre pour la négociation."

"Malheureusement Uber est venu les bagages vides" et "n'a pas voulu prendre la main tendue des syndicats", a estimé Hassan Benbarak (Capa-VTC). Ce dernier a appelé l'Etat à maintenant "
imposer une règlementation tarifaire minimum, comme pour les taxis". "La suite logique" également pour Sayah Baaroun (SCP-VTC/Unsa). En février 2017, le médiateur, nommé par le gouvernement, avait esquissé cette solution si la situation des chauffeurs ne s'améliorait pas.
 
Pour ces deux organisations, "il n'y aura pas de deuxième réunion",  tandis que la CFDT estime que "la porte n'est pas fermée mais si ça continue, on devra passer par un processus législatif". A l'issue de la réunion, Uber a promis par mail des propositions concrètes dans les jours à venir, selon deux participants.
 
Des syndicats en ordre dispersé
 
D'un côté, l'intersyndicale demande à Uber le retour à une commission de 20% (au lieu de 25%), un minimum de course à 8 euros (contre 6 euros), un relèvement des prix au kilomètre et à la minute, ainsi que la rémunération du temps d'attente des clients, qui n'est actuellement pas facturé (cf. détails dans le tweet).

 

Capa-VTC et le SCP-VTC/Unsa, qui ont quitté l'intersyndicale, revendiquaient de leur côté un minimum de course à 12 euros. Elles réclament également le droit pour les professionnels de fixer les prix, et non les plates-formes intermédiaires.
 
Florence Guernalec (avec AFP)