La fin de semaine s'annonce compliquée pour les usagers de Gare de Lyon et de Bercy. En effet, aucun TER ne circulera entre Dijon et Paris et les circulations du RER D et de la ligne R du Transilien seront également modifiées. Les TGV, Intercités et TER seront déroutés, la SNCF annonce des "fréquences allégées" et des "redirections vers d'autres gares franciliennes". En revanche, ni les métros ni le RER A ne seront pénalisés par ces travaux. L'enjeu est de donner un coup de jeune à l'aiguillage de la gare de Lyon, qui contrôle également la gare de Bercy-Bourgogne-Pays-d'Auvergne, grâce au numérique.

Concrètement, le RER D, qui circule sur les mêmes voies, ne circulera pas entre Châtelet-Les Halles et Villeneuve-Saint-Georges, entre Juvisy et Corbeil-Essonnes via Ris-Orangis et entre Corbeil-Essonnes et Melun. Quant à la ligne R du Transilien, elle reliera Melun depuis Juvisy-sur-Orge et non depuis la gare de Lyon. La SNCF "conseille aux voyageurs du RER D et de la ligne R Transilien de reporter leurs déplacements".

Concernant les trains grandes lignes :
- Marseille et la Côte d'Azur seront desservis depuis la gare de l'aéroport Charles de Gaulle 2 TGV et Marne-la-Vallée ; 
- Lyon le sera depuis Marne-la-Vallée ; 
- la Suisse depuis la Gare de l’Est ; 
- Grenoble et les Alpes depuis Versailles-Chantiers via Massy-Palaiseau ; 
les TGV Languedoc depuis Montparnasse ; 
les Intercités et TER Bourgogne depuis Paris Austerlitz.

Des postes d'aiguillage obsolètes

Exit donc les deux postes d'aiguillage qui datent des années 30, la nouvelle tour de contrôle de la Gare de Lyon, à Vigneux-sur-Seine (Essonne) "va gérer l'ensemble de l'exploitation du complexe de la gare de Lyon", précise Claude Solard, directeur général délégué de SNCF Réseau. Au total, "400 personnes seront mobilisées pour faire basculer" les anciennes installations vers les nouvelles, avec des phases de test, avant que tout ne "fonctionne au numérique lundi matin", poursuit-il.

La nouvelle tour de contrôle ferroviaire verra passer 980 trains chaque jour : 420 RER D, 200 TGV, 100 remontées et descentes du technicentre sud-est européen, et 260 TER et Intercités. La SNCF anticipe une meilleure ponctualité des trains, moins de pannes et une circulation plus fluide grâce à cette modernisation, selon Claude Solard.

Cette opération, d'un montant de 200 millions d'euros, s'inscrit dans un cadre plus large de modernisation des systèmes d'aiguillage de la SNCF. Un programme est en cours pour les transférer vers 16 tours de contrôle et un centre national opérationnel. Aujourd'hui, six centres sont déjà en service, notamment à Dijon, Lyon, Strasbourg, Bordeaux et Rennes.

Depuis quatre ans, et jusqu'en 2032, 5 milliards d'euros seront investis, à  raison de 300 à 350 millions d'euros par tour de contrôle.

F.G. (avec AFP)

 


Une tour de contrôle nouvelle génération

La tour de contrôle, "un des centres névralgiques de SNCF Réseau", selon Claude Solard, est munie d'une grande salle d'exploitation où de nombreux écrans informatiques surveillent et retracent les itinéraires des trains. Ici, plus de leviers à basculer ou de boutons à presser : les circulations seront enregistrées dans un ordinateur qui actionnera automatiquement l'aiguillage. 

En parallèle, des agents superviseront l'ensemble de la circulation des trains en temps réel. Aux manettes, 60 agents de circulation vont se relayer 24h sur 24h et 7 jours sur 7 pour commander l'ensemble des circulations de trains sur les neuf premiers kilomètres de voies.

"Là, d'un seul coup, avec un aperçu global" de la zone de trafic, "tout le monde dispose de la même vision en temps réel, ce qui permet d'être beaucoup plus réactif", a expliqué Laurent Quelet, directeur circulation de SNCF Réseau. Cette réactivité permettra d'assurer "une gestion plus optimale d'un incident en concentrant les centres de décisions et les informations", ajoute-t-il.