Paris va-t-il renouer avec son histoire comme en témoigne une image de 1900 où l'on voit les quais de Seine remplis de promeneurs marchant entre guinguettes et bateaux-mouches ?
Au total 15 hectares, dont 4,5 en bord de fleuve, "seront totalement rendus aux usages sans voiture d’ici à deux ans", a lancé le maire de Paris le 13 avril, en présentant son plan d'aménagement des rives de la Seine.

40 000 véhicules par jour

Il a informé de son projet le préfet de police de Paris (qui décide des aménagements des voies), le Port Autonome de Paris et les architectes des bâtiments de France chargés de veiller à la préservation du patrimoine (les bords de Seine sont classées).
Actuellement sur la rive droite (voie Georges Pompidou), les quais bas sont une véritable autoroute seulement coupée l'été pour y installer Paris Plages.
40 000 véhicules circulent par jour et 4 000 par heure aux heures de pointe.

2 km piétonniers et cafés flottants

Rive gauche, le trafic est moins lourd : 2 000 véhicules par heure en période de pointe sur les berges. C'est là que le maire propose de fermer un tronçon de plus de 2 km (4,5 ha) aux voitures, du musée d'Orsay jusqu'au Pont de l'Alma.
La mairie assure que ce changement entraînera un temps de parcours augmenté de seulement 6 minutes pour traverser Paris en voiture via les quais.
"Il eût été extrêmement imprudent de (couper) brutalement la circulation rive droite" où "nous recomposons totalement le boulevard urbain", en y mettant des feux tricolores et des espaces piétonniers, affirme le maire.
Une nouvelle promenade serait créée au bord de l'eau, du bassin de l'Arsenal à l'Hôtel de ville, avec des barges sportives, un café flottant. Rive gauche, serait créée une promenade en rivage allant de la Tour Eiffel au musée d'Orsay, avec aussi des barges à thème (marché aux fleurs, jardin botanique).

Réactions de tous bords

Réagissant à ces annonces, l'UMP-Paris a dénoncé un "manque d'ambition" et demandé "des expérimentations" sur le long terme et hors vacances. Il déplore que l'exécutif municipal n'offre "aucune solution alternative en termes de transports en commun".
Les élus du Nouveau Centre ont jugé que le maire de Paris allait "asphyxier le centre de Paris" en "bouchant" et "polluant les rues environnantes" selon Edith Guinache-Gallois (conseillère NC) qui compte "s'opposer vivement" au projet. Jean-François Martins (Modem), successeur de Marielle de Sarnez au Conseil de Paris, a déploré une "mauvaise solution".
La concertation est prévue, a promis le maire : une première délibération sera présentée au Conseil de Paris en juillet 2010, précédée d'échanges avec les maires d'arrondissement. Anne Hidalgo, adjointe à l'urbanisme a aussi annoncé un "forum" en ligne où chacun "sera invité à s'exprimer".

Estimé à 40 millions d'euros, ce projet devrait être réalisé d’ici à 2012, avec une dépense de fonctionnement de 2 millions d'euros par an.

(avec AFP)