D'ici à septembre 2017, il faudra passer sous un portique de sécurité pour accéder aux gares d'Avignon-centre, d'Arles, d'Aix-en-Provence-centre, les Arcs-Draguignan, Cagnes-sur-mer, Nice-Saint-Augustin, Nice-Riquier et Menton.
 
"Certains usagers ne prennent pas le train, car ils ont peur ! Peur de se faire agresser par des voyous, peur de se faire insulter ou harceler pour certaines femmes, peur de se faire voler leur portable ou leur sac. C'est intolérable !, a indiqué Christian Estrosi, président LR de la région Provence-Alpes-Côte-D'azur, lors de la présentation à la presse le 10 mars 2017, du dispositif de sécurisation des gares régionales.
 
"Nous avons la volonté de protéger nos concitoyens car l'état de menace est très élevé." Une affirmation née du bilan "très positif" de l'expérimentation menée à la gare des Arcs où des portiques de sécurité ont été installés en 2016. "Une cinquantaine d'armes ont été saisies : des couteaux, des coups de poing américain, des matraques télescopiques et même quelques armes à feu avec munitions."
 
Selon la Région, ce dispositif "qui a contribué à faire baisser la délinquance" a été "bien accueilli" par les usagers de la gare. Une enquête de satisfaction, réalisée les 1er et 2 septembre dernier auprès de 150 personnes, révèle que 90% des usagers ont déclaré comprendre la mise en place du dispositif, 83% souhaitent son maintien et 86% disent vouloir le voir s'étendre.
 
47 gares sous contrôle
 
Aussi, la collectivité territoriale a décidé d'investir 556 000 euros dans l'achat de portiques de sécurité conçus par trois sociétés provençales : SAFE, SCS et Optitec. Huit gares le seront de manière permanente, tandis que 39 autres (voir carte) disposeront de portiques mobiles, montables et démontables en dix minutes.
 
"Un tel déploiement de portiques allié à une logique de contrôle inopiné est une première en France !, assure le président de la région PACA. L'incertitude sur le jour et l'heure du contrôle sera une des forces de notre dispositif. L'effet de surprise sera garanti !"
 
Concrètement, chaque gare disposera de deux portiques et d'une équipe de contrôle dédiée composée de deux à quatre personnes selon les configurations. Il y aura également des agents de surveillance privés munis de détecteurs de métaux portatifs. Les frais de fonctionnement - 5,1 millions d'euros par an - seront supportés par le conseil régional.
 
100% des gares équipées en 2019 ?
 
Alors que le déploiement de ce dispositif s'échelonnera jusqu'en septembre 2017, la Région travaille d'ores et déjà avec les pôles de compétitivité aux portiques de demain avec l'ambition de passer de nouvelles commandes dès l'année prochaine. "En 2018, deux tiers des gares seront équipées et la totalité en 2019", affirme Christian Estrosi
 
Cette nouvelle génération de portiques devra à la fois détecter la fraude, éviter la rétention de passagers pour réduire le délai entre l'arrivée en gare et la montée dans le train et mobiliser les équipes de contrôles de façon ciblée sur les suspects repérés.
 
39 contrôles automatiques de billets
 
Cette mesure s'inscrit dans un plan de sécurisation plus large. La collectivité poursuit le déploiement de la vidéosurveillance dans les gares et les TER. "80% du trafic de voyageurs sera couvert d'ici la fin de l'année". Des caméras numériques équipées d'un logiciel d'hyper vision seront installées dans 14 nouvelles gares. Coût de l'opération pour la Région : 2,8 millions d'euros d'investissement.
 
Par ailleurs, des tourniquets permettant le contrôle automatique de billets seront installés début 2018 dans les gares de Marseille-Saint-Charles, Marseille-Blancarde et Nice-Thiers. Un projet chiffré à 2,5 millions, dont le coût de fonctionnement annuel sera de 150 000 euros.
 
"Ces moyens technologiques nécessiteront un changement des habitudes et s'accompagnera de quelques contraintes, comme arriver un peu plus tôt pour prendre son train", souligne Christian Estrosi.
 
Christine Cabiron