Pas question de vendre l’activité transport. Après avoir repoussé l’an dernier l’offensive d’Alstom sur son activité de signalisation, le groupe Thales tient plus que jamais à ce secteur pour lequel il nourrit de grandes ambitions.

"Nous travaillons sur le train autonome. Aboutir à une solution pour 2020 me paraît possible", a expliqué Patrice Caine, le PDG du groupe de défense et d’électronique, le 28 février 2017, lors de la présentation des résultats 2016.

D’ailleurs, l'Europe travaille sur les standards qui s’apparentent à ceux du train autonome avec l'ETCS niveau 3. L’Europe, qui s'y intéresse donc fortement, peut constituer un marché tout comme les pays d’Asie ou la Chine“.

Et pour développer des trains sans conducteur qui représentent une extension des métros automatiques, mais dans un environnement ouvert beaucoup plus complexe à gérer, le groupe qui appartient à l'État et à Dassault estime avoir toutes les cartes en main.

La cyber sécurité au cœur des systèmes

"La notion de train autonome va forcément faire appel à la combinaison de capteurs hyper performants en temps réel pour détecter les obstacles sur la voie, mais aussi au positionnement par satellite, et il se trouve que Thales est le maître d’œuvre de Galileo. Et bien sûr, elle va faire appel à des algorithmes de manière à prendre les décisions en temps réel et au bon moment", a détaillé Patrice Caine. Cerise sur le gâteau, "Thales est le seul à maîtriser la cyber sécurité dans les technologies du big data et de l’intelligence artificielle".

Avec ces technologies "qui ne viennent pas du transport", le groupe estime pouvoir aider les opérateurs à faire face "au challenge de leur propre digitalisation. Ils se posent tout un tas de questions pour cybersécuriser leurs systèmes de signalisation, de supervision, de contrôle commande. Je vous laisse imaginer les conséquences potentielles d’une attaque informatique sur ce type de systèmes", a ajouté le PDG du groupe. Patrice Caine souligne que les transports sont "un domaine fantastique" en pleine croissance aussi bien dans les émergents que dans les pays matures.

Ainsi, Thales a redressé sa branche transport qui a dégagé un bénéfice de 11 millions d'euros après 37 millions de pertes en 2015. Le chiffre d'affaires s'est élevé à 1,6 milliard (+5,5%) mais le carnet  de commandes (1,5 milliard d'euros) est en recul de 47 % après une année 2015 record.

Le processus de cession des
activités billettique au fonds Latour Capital se poursuit et doit aboutir au second semestre.

Marc Fressoz