Le 2 juillet 2017, Lorient sera à moins de 3 heures de Paris, contre 4 actuellement. Une véritable bouffée d'oxygène pour ce territoire qui a saisi l'opportunité de la ligne à grande vitesse (LGV) pour modifier en profondeur le quartier de la gare.
 
Des travaux colossaux ont été entrepris afin de créer un pôle d'échanges multimodal en plein centre-ville. "Une gare est un point stratégique, une véritable porte d'entrée de l'agglomération", explique Norbert Métairie, président de Lorient Agglomération, une collectivité regroupant 25 communes et 206.000 habitants.
 
Ce projet, chiffré à 58,38 millions d'euros, a été financé par Lorient Agglomération, la région Bretagne, la ville de Lorient, l'État, la SNCF, le département du Morbihan et SNCF réseau.
 
9 TGV par jour
 
"La ligne à grande vitesse va améliorer l'accessibilité de notre territoire". Elle va notamment accroître le nombre de voyageurs annuels qui devraient passer de 1,4 million aujourd'hui à 2,5 millions à l'horizon 2020 grâce à une augmentation de 20% de l'offre ferroviaire nationale et régionale.
 
Ainsi, Lorient sera quotidiennement desservie par 9 TGV par jour (deux de plus qu'actuellement) tandis que les usagers du TER bénéficieront d'une offre plus dense avec 41 arrêts (six de plus) et capacitaire grâce aux 21 trains achetés par la région Bretagne. Reste que l'ancienne gare de Lorient n'était pas en capacité d'absorber cette hausse du trafic.
 
Une gare comme un bateau à quai
 
Aussi, il a été décidé de la positionner au sud, de l'autre côté des voies ferrées, un nouveau bâtiment sur des emprises ferroviaires inexploitées. Les élus locaux sont allés plus loin en profitant de cette opportunité foncière pour créer sur une quinzaine d'hectares une zone d'activités mixant services publics et privés, commerces et logements. "La nouvelle gare va être un citybooster de ce quartier", affirme Emmanuel Clochet, directeur de l'agence Gares & Connexions Centre Ouest.  
 
Le nouvel édifice a été imaginé avec des courbes élancées. Sa forme allongée et ouverte comme une coque de bateau, longue de 115 mètres, habillée de bois, de béton fibré et de verre, renvoie à l'identité maritime du territoire. L'accent a été mis sur la transparence au travers de grandes façades vitrées afin d'avoir une vue panoramique sur les trains et le nouveau quartier qui se profile. Notamment sur le parvis de 90 x 70 mètres ouvert sur la ville.
 
"L'idée est de donner une prévision des cheminements", précise l'architecte Etienne Tricaud. "La gare est l'hyper centre de toutes les mobilités, poursuit celui-ci en charge du projet et président d'AREP, le bureau d'études du groupe SNCF. Il n'y a pas d'autres lieux qui voient passer autant de gens."
 
Diversifier l'accès à la gare
 
C'est pourquoi, dans le cadre de ce projet architectural, toute l'organisation des transports a été repensée avec l'objectif de faciliter et diversifier l'accès à la gare. Aujourd'hui, 35% des usagers s'y rendent en bus ou en car, 25% à pied, 20% se font conduire en voiture, 10% ont besoin de stationner leur véhicule avant de prendre le train, 2% utilisent le vélo, 8% d'autres moyens de transport (deux-roues motorisés, taxi...).  D'où la nécessité d'organiser cette mobilité en créant des espaces dédiés, mais interconnectés les uns aux autres.
 
Un nouveau quai réservé aux trains régionaux a été construit. Par ailleurs, la nouvelle gare routière en comptera huit reliés bâtiment principal par une coursive. Les cyclistes disposeront d'espaces de stationnement sécurisé et abrité. Par ailleurs, les taxis auront un accès direct à la gare et les automobilistes disposeront d'un dépose-minute et de parkings longue et courte durée.
 
A l'emplacement de l'ancienne gare, un accès secondaire est en cours d'aménagement avec des parkings longue durée en sous-sol et de courte durée en surface. Les deux bâtiments seront reliés par une passerelle couverte qui servira à la fois de lien entre les quartiers nord et sud de la ville, mais aussi d'accès aux quais.
 
La part belle au Triskell
 
Enfin, une part belle sera faite aux transports urbains au travers du Triskell, le système de bus à haut niveau de service (BHNS) de l'agglomération. Les bus de la CTRL disposeront d'un accès réservé à la gare. Ils disposeront également d'une voie dédiée pour rejoindre le pont d'Oradour qui enjambe à proximité de celle-ci les voies ferrées. Sur cet ouvrage d'art, les bus circuleront sur deux voies dédiées.
 
La nouvelle gare dont l'ouverture est prévue le 17 mai 2017, sera au coeur des trois branches du Triskell. La première, mise en service en 2007, s'étend sur 4,5 kilomètres (dont environ 50% en site protégé) entre Lorient et Lanester. La seconde phase de ce projet reliera les communes de Ploemeur (à l'ouest) à Quéven (au nord) sur 14 kilomètres. Le développement de ces lignes de BHNS représente un investissement total de 79 millions d'euros.
 
Restructuration du réseau urbain
 
"Les transports publics doivent concourir au développement de notre territoire et l'irriguer, indique Norbert Métairie. C'est pourquoi nous avons entrepris un travail pour restructurer profondément le réseau urbain." Il s'agit notamment de l'optimiser et supprimer les kilomètres improductifs.
 
En 2016, le réseau urbain de Lorient a enregistré 17,6 millions de voyages, dont 800.000 proviennent de l'une des trois liaisons maritimes organisées dans la rade.
 
La refonte de l'offre est envisagée pour septembre 2018, soit neuf mois après le renouvellement du contrat de délégation de service public.
 
Christine Cabiron