La SNCF, qui se targue d'être l'écoute de ses clients, n'avait pas anticipé le courroux de ses "MaxTrotters" à l'annonce de la suppression de leur abonnement illimité iDTGVMAX au mois de mai 2017. L'offre TGVmax, réservée aux moins de 27 ans, devait remplacer ce que la SNCF a toujours considéré comme une expérimentation... qui a duré plus de deux ans.
 
La SNCF a annoncé, le 21 février 2017, une solution aux 10 000 abonnés à l'offre iDTGVMAX. Leur abonnement sera prolongé maximum deux ans – du 1er juin 2017 jusqu’au 31 mai 2019 – et reprendra peu ou prou les conditions actuelles. Cependant, les premières réactions des abonnés montrent que ceux-ci souhaitent consulter les CGV (conditions générales de vente) avant de se réjouir trop vite.

 
La SNCF indique qu'une proposition précise et contractuelle sera adressée à ces abonnés dans 15 jours pour leur permettre de prolonger leur abonnement dès le 1er juin 2017.

Des conditions similaires
 
En tout cas, le tarif ne change pas – 64,99 euros par mois – mais l'illimité sera désormais limité à 12 trajets par mois. "Ce qui correspond au maximum des usages actuels mesurés sur iDTGVMAX", assure la SNCF. L'offre reste également 100% digitale et accessible sur une appli dédiée, proposant notamment un simulateur, qui permet de visualiser en un clic les trains disponibles.
 
L'offre iDTGVMAX2 couvre ainsi les 25 principales destinations iDTGV en France. L'abonnement est dorénavant accessible sur plus de 90% des TGV – soit "30.000 places disponibles contre moins de 1.500 précédemment", selon la SNCF.  Cette offre permet de réserver sa place dès J-30 et jusqu’au départ du train, précise la compagnie. Dans le prolongement d’iDTGVMAX, ce sont six réservations disponibles et la possibilité de faire un aller-retour dans la journée.

"C’est un engagement fort qui a nécessité une mobilisation importante des équipes pour apporter une réponse strictement réservée aux abonnés iDTGVMAX actuels et qui correspond aux usages des MaxTrotters", assure la SNCF dans son communiqué.

"Nous aurions accès, il est vrai, à plus de trains, à beaucoup plus de places en moyenne par jour, mais concentré dans les prériodes creuses. On risque de devoir acheter des billets en période noire qui seraient hors de prix pour pouvoir conserver la même utilisation que nous avions de notre carte", tempère Raphaël Manas, co-administrateur du collectif de défense de l'offre iDTGVMAX interrogé par l'AFP.

Un tollé général
 
Lors de l'annonce de l'arrêt de cette offre fin janvier 2017, les MaxTrotters avaient aussitôt réagi, en particulier
sur les réseaux sociaux. La situation avait même suscité l'émotion du secrétaire d'État aux Transports, Alain Vidalies. Le 1er février, la SNCF a reçu 40 abonnés "pour échanger en direct et travailler sur la compréhension des usages créés", explique la compagnie. Puis, le 7 février, un questionnaire était adressé aux 10 000 abonnés afin de mieux connaitre leur demande.
 
Les réponses des 3700 MaxTrotters ont montré que près de 30% souhaitaient continuer à voyager sur plusieurs destinations. En outre, 93% réalisent moins de huit trajets par mois, et 73% réalisent leurs réservations moins d’un mois avant leur trajet. Forte de cette connaissance client, la SNCF a donc inventé iDTGVMAX2, un rétropédalage évitable.
 
Florence Guernalec (avec AFP)