C'est une première en France. Les covoitureurs vont pouvoir emprunter un couloir de bus. L'expérimentation de Bordeaux métropole qui a démarré le 23 janvier 2017 à Mérignac, doit durer trois ans. Le test porte sur la zone aéroportuaire qui voit la demande de déplacement augmenter. Le tronçon concerné est limité à 1,2 kilomètre avenue Marcel-Dassault, de l'avenue Edouard-Faure jusqu'au chemin du Phare, et s'étale sur toute la journée.
 
Ainsi, en donnant un avantage de temps de parcours aux covoitureurs, Bordeaux métropole espère créer un levier suffisamment incitatif. "L'objectif de l'expérimentation est d'améliorer la fluidité du trafic sur un axe routier urbain très fréquenté à certaines heures de la journée et d'inciter les automobilistes à pratiquer le covoiturage pour diminuer le nombre de véhicules empruntant cet axe", explique
l'arrêté ministériel du 6 janvier 2017 qui autorise l'expérimentation d'une signalisation routière pour les covoitureurs.
 
Le dispositif de signalisation est implanté sur le territoire de la commune de Mérignac aux entrées de chaque voie réservée aux autobus. Le texte de l'arrêté ministériel précise que "le nombre de personnes transportées dans le véhicule ne doit pas être inférieur à deux, y compris celle du conducteur".
 
Un rapport d'évaluation programmé
 
Les entreprises du secteur aéroportuaire sont associées à cette démarche via le Plan de déplacement inter entreprises (PDIE) bâti avec la Métropole. La mise en relation des salariés est facilitée via Boogi entreprise, l'appli mobile dédiée aux personnels travaillant sur la zone de Bordeaux Aéroparc – Aéoroport de Bordeaux, Dassault Aviation, Thales, Sabena Technics, Stelia.
 
L'expérimentation donnera lieu à la réalisation d'un rapport d'évaluation. Le cahier des charges de cette évaluation est mis au point avec le Cerema, son suivi est réalisé par un organisme tiers choisi par le gestionnaire de voirie, précise l'arrêté ministériel. Ce rapport sera remis au délégué à la sécurité et à la circulation routières et à la directrice des infrastructures de transport dans un délai d'un de six mois précédant la fin de la période d'expérimentation.

Florence Guernalec