"La période des postures politiques où la Région faisait tout pour torpiller ce projet est terminée. La gare d’Allan est un projet auquel on croit et pour lequel la Région s’engage", déclare le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, dans un communiqué.
 
Celui-ci a décidé de débloquer 15 millions d'euros pour financer la construction de la nouvelle gare TGV à Allan, proche de Montélimar. Le Conseil départemental de la Drôme est également prêt à mettre 15 millions d’euros et l’agglomération de Montélimar 5 millions d’euros, soit un total de 35 millions.
 
Le Conseil départemental de l’Ardèche apporte également son soutien à desserte nouvelle à l’agglomération de Montélimar qui mettra le Sud de la Drôme et de l’Ardèche à 2h35 de Paris par la ligne à grande vitesse. Les élus considèrent que cette gare TGV sera un "vecteur de développement économique" et une "plus-value importante pour le tourisme du sud de la Région". Les études réalisées voici quelques années évaluaient le potentiel de la gare d'Allan à 340 000 voyageurs à l'horizon 2020.
 
Lors de la réunion du 19 janvier 2017 à Lyon, les élus ont décidé de boucler d’ici à six mois le projet d’études de la future gare d’Allan. "L’objectif est d’avancer vite. Ce ne sera pas une gare luxueuse, mais une gare efficace", précise Laurent Wauquiez. La Région a proposé de répartir la prise en charge du montant des études en trois entre la Région, le Conseil départemental et l’agglomération de Montélimar.

Une facture qui monte
 
Le projet de gare TGV n'est pas nouveau. En 2010, le sénateur de la Drôme Didier Guillaume  avançait notamment que cela permettrait de "désengorger la gare de Valence TGV, initialement prévue pour un million de voyageurs et qui en accueille aujourd'hui 2,5 millions".  Lors de la séance des
questions orales au gouvernement, il interpelait ainsi le secrétaire d'État aux Transports : "Les collectivités locales se sont engagées à financer cette gare, il nous manque maintenant la position de l'État pour savoir s'il financera, ou non, ce projet. Sans cet apport, nous savons bien que cette gare ne pourra pas être réalisée".
 
Le coût de réalisation était alors estimé à 70,4 millions d'euros, dont 39 millions pour l'infrastructure ferroviaire, 26 millions pour le pôle d'échange multimodal (gare routière comprise) et 5,4 millions pour les accès routiers au pôle. La réponse du gouvernement était nettement plus mitigée, l'exécutif faisant valoir qu'il fallait ajouter à ce montant, 117 millions d'euros pour les investissements connexes permettant un accès à la gare dans de bonnes conditions, soit un total de près de 200 millions.

Fin 2011, la Fnaut, qui représente les usagers de transports, publiait un communiqué pour désapprouver ce projet considérant qu'il était "dénué de toute pertinence technique, écologique ou économique : il s’agit d’une fausse bonne idée, d’un caprice d’élus en mal de grand projet".

Florence Guernalec