RATP Dev n’a pas réussi à vaincre le signe indien du réseau de tramway de Manchester qui veut que jamais un opérateur sortant n’a réussi à conserver son exploitation. Après six années, la filiale de la RATP qui avait pourtant remporté le titre d’opérateur de l’année en 2015, va devoir céder la place à un autre opérateur français, Keolis associé à la société anglaise Amey.

La joint-venture KeolisAmey (détenue à 60% par le groupe français) prendra les commandes de Metrolink, le plus gros réseau de tram du Royaume-Uni, en juillet 2017 "pour une durée maximale de dix ans", explique un communiqué.

Inauguré en 1992, Metrolink compte aujourd’hui 7 lignes totalisant 96 kilomètres de voies, 93 stations et 120 rames de tram. Il dessert le centre et la banlieue du Grand Manchester et, depuis deux ans, l’aéroport. Un réseau dense dont toutes les lignes convergent vers le centre-ville sur un tronc commun de deux kilomètres où les rames se succèdent toutes les 90 secondes en heure de pointe.

Des extensions programmées

Dans le cadre de ce nouveau contrat, KeolisAmey va gérer les projets d’extension du réseau – la création d'une seconde traversée au cœur du centre-ville (Second City Crossing ou 2CC) et un prolongement de 5,5 kilomètres vers le centre commercial de Trafford qui reçoit 30 millions de visiteurs par an. L’opérateur sera également chargé d’installer le wifi dans toutes les rames.

KeolisAmey exploite déjà à Londres le réseau de métro automatique Dockland Light Railway (DLR)  Le groupe français est également opérateur, avec d’autres partenaires, de trois réseaux ferroviaires (Southeastern, London Midland et Govia Thameslink Railway) et du tramway de Nottingham.

Bernard Tabary, directeur exécutif groupe – International, a déclaré : "C’est une fierté pour notre groupe d’avoir été choisi pour exploiter un réseau aussi emblématique que celui de Manchester. Ce nouveau contrat vient valider la pertinence de notre stratégie à l’international et permet à Keolis de se développer sur différents modes de transport au Royaume-Uni. La confiance que nous témoigne le TfGM (NDLR, l'autorité organisatrice) confirme notre capacité à répondre aux différentes  problématiques de mobilité, et ce, quel que soit le territoire."

Le grand Manchester réfléchit également à la reprise en mains du réseau de bus, opéré actuellement par des groupes privés dans un cadre complètement dérégulé, comme c'est l'habitude en Angleterre (hors le Grand Londres). Si ce projet aboutit, Keolis serait aux premières loges pour proposer ses services et rajouter le bus à sa panoplie anglaise de modes de transport.

Robert Viennet