C'est désormais officiel ! La signature du contrat des RER nouvelle génération a eu lieu, le 11 janvier 2017, au Stif qui finance à 100% l'acquisition de trains spécialement conçus pour les zones denses. Auparavant, le conseil d'administration de la SNCF, qui avait lancé l'appel d'offres, avait retenu l'offre du consortium Alstom-Bombardier pour renouveler le matériel roulant des lignes D et E.
 
"Une commande historique" a déclaré la présidente du Stif, Valérie Pécresse. En effet, c'est la plus importante jamais financée par l'autorité organisatrice : 1,75 milliard d'euros pour l'acquisition de 255 rames avec une première commande de 71 trains qui devront circuler à partir de 2021, soit avant la fin du mandat de la présidente de la région Île-de-France. Dans ce consortium, la part revenant à Alstom s'élève à 70%, Bombardier sera responsable de la conception-réalisation des véhicules intermédiaires.
 
Un train, deux lignes concernées
 
La commande se décompose en 130 rames pour le RER E. Les nouveaux trains auront une capacité de 15% supplémentaire (2070 places) par rapport au matériel en circulation. Avec 372 000 voyageurs/jour, la ligne devrait voir sa fréquentation doubler après le premier prolongement à l'Ouest  jusqu'à Nanterre qui doit être mis en service fin 2022.
 
Le RER D (615 000 voyageurs/jour) disposera à terme de 125 nouvelle rames (+25% de capacité, 2470 places), une façon d'anticiper l'augmentation de 3% par an du trafic en Île-de-France. Ce sera, en principe, la première ligne à voir ces nouveaux trains circuler.
 
Un planning serré
 
La mise en production devrait commencer dès 2018 avec des cadences de livraison très rapides, selon le PDG d'Alstom Henri Poupart-Lafarge. "C'est un formidable défi industriel et opérationnel pour Alstom et Bombardier", a t-il insisté. Car ce train, baptisé "X'Trapolis Cityduplex", n'existe actuellement que sur le papier... Il s'agira du premier train boa à deux niveaux même si ce RER NG sera fondé sur les solutions de matériels urbains et périurbains d'Alstom. Les deux industriels misent sur leur collaboration précédente sur les rames MI09 du RER A pour relever ce défi.
 
Un matériel trois en un
 
"C'est un matériel extrêmement sophistiqué avec une polyvalence d'usage et de construction très importante", a souligné le président de la SNCF, Guillaume Pepy. Ainsi, pour répondre aux différents besoins des voyageurs, la rame sera divisée en trois espaces avec des sièges adaptés en fonction de la longueur des trajets :
- des zones plates-formes dédiées aux échanges voyageurs pour des trajets de 5 minutes comme dans les métros ;
- des zones bases mixtes pour des trajets de 20 minutes plus proches d'un RER ;
- des zones en hauteur pour des trajets de 50 minutes avec un confort comparable à un train régional.
 
Des points de régularité en plus
 
Alstom annonce une réduction de 20% sur les coûts de maintenance et de 25% sur les coûts de consommation d'énergie par rapport à la génération précédente. Henri Poupart-Lafarge a souligné que "l'amélioration de l'efficacité système est largement liée aux capacités d'accélération et de décélération, ainsi qu'à la réduction des temps d'échanges" aux stations en raison de portes plus larges. Guillaume Pepy a insisté sur les avantages de ce nouveau matériel : "sa mise en service permettra de gagner entre 5 et 7 points de régularité comme on l'a vu récemment sur la ligne K".
 
Lors de la conférence de presse, le PDG d'Alstom Henri Poupart-Lafarge et le président de Bombardier France Laurent Bouyer ont assuré que ces trains sortiront bien de leurs usines françaises. Au total, neuf sites seront mobilisés dans l'Hexagone. Cela représente, selon Alstom, 2.000 emplois directs pour les deux industriels et 8.000 emplois indirects.

Florence Guernalec