Aujourd'hui, il faut installer jusqu'à sept systèmes de signalisation dans les TGV qui circulent entre Paris et Bruxelles, ce qui crée des coûts additionnels, accentue les risques de pannes et accroît les retards, rappelle la note de la Commission européenne sur l'ERTMS.
 
Ainsi, la Commission européenne a adopté, le 5 janvier 2017, un nouveau plan de déploiement de l'ERTMS destiné à faciliter la circulation transfrontalière des trains en Europe en mettant en place un standard européen amené à remplacer près de 30 systèmes existants. L'ERTMS doit assurer à l'espace ferroviaire européen une plus grande sécurité, fiabilité, ponctualité, et une réduction de l'intervalle entre deux rames qui permettront de faire circuler davantage de trains.
 
Concrètement, il s'agit, dans un premier temps, de mettre en service le système européen de gestion du trafic ferroviaire sur 50% du réseau ferroviaire stratégique d'ici à 2023, le reste du réseau devra être installé entre 2024 et 2030 (
voir le détail des corridors concernés). "Cela nous rapprochera un peu plus d'un espace ferroviaire unique où les trains peuvent plus facilement traverser les frontières", a commenté la commissaire européenne aux Transports, Violeta Bulc.

Un premier rendez-vous manqué
 
Ce nouveau plan, défini par le coordinateur ERTMS européen Karel Vinck, remplace celui adopté en 2009 qui définissait six corridors stratégiques déterminés sur le volume de trafic de fret avec un achèvement du déploiement en 2015 pour la première phase et 2020 pour le reste du réseau. Or, il est apparu dès 2013 que ce calendrier ne serait pas tenu.
 
Selon cette note de la Commission européenne, cet échec s'explique par plusieurs  facteurs : un manque de financement, un nombre insuffisant d'experts qualifiés, des problèmes techniques durant l'installation, mais aussi un manque de confiance dans la sécurité du système et une résistance initiale au changement de la part des États.
 
Cette fois, le calendrier de la première phase adopté par la Commission européenne est réaliste car il s'appuie sur la consultation des différents États membres. En 2022, il est prévu de refaire un nouveau tour de table pour préciser le déploiement de la seconde phase prévue entre 2024 et 2030.
 
Ces deux dernières années, l'Union européenne a alloué plus de 700 millions d'euros au déploiement de l'ERTMS dans le cadre du Mécanisme pour l'Interconnexion en Europe (MIE), programme d'investissement en infrastructure.
 
Florence Guernalec