En complément de son rapport annuel sur le marché du transport par autocar et gares routières publié en novembre 2016, l'Arafer a réalisé une enquête de terrain pour connaître le profil et le comportement des voyageurs des autocars Macron (1).
 
Les résultats de l'enquête permettent de tirer trois grands enseignements : une clientèle aux revenus modeste, une offre au détriment de la voiture (individuelle et covoiturage), l'autocar préféré au train en raison des prix.
 
  •  l'autocar attire une clientèle aux revenus modestes
 
17% des utilisateurs des autocars Macron n'auraient pas voyagé en l'absence de ce nouveau service librement organisé (SLO), soit 900 000 voyageurs sur un an (du 30 septembre 2015 au 30 septembre 2016).
 
En effet, l'enquête de l'Arafer fait apparaître que l'autocar attire, en premier lieu, une clientèle aux revenus modestes.
 
Près de 30% des voyageurs SLO (hors étudiants) déclarent un revenu net mensuel de leur ménage inférieur à 1 500 euros.
 
La part des personnes sans activité professionnelle (y compris les étudiants) dans la clientèle SLO avoisine les 50%, avec cependant une nette sous-pondération des retraités (17% de la clientèle contre 28% de la population).
 
  •  une augmentation du report modal de la voiture vers l'autocar
 
Au total, 44% se sont détournés du mode automobile, y compris du covoiturage. Ce report de la voiture vers l’autocar frôle 60% pour les liaisons transversales de 100 à 250 kilomètres.
25% des voyageurs interrogés auraient choisi le covoiturage (35% pour les 18-24 ans), soit 1,3 million de voyages par ce mode en moins, et  19% auraient pris leur voiture personnelle si l’offre de cars Macron n’existait pas. Cela représente 1 million de voyages en véhicule personnel ou de location en moins.
 
Le covoiturage est jugé plus cher (63%) et moins pratique pour les bagages (62%) par les répondants qui auraient utilisé ce mode s’il n’y avait pas eu d’autocar.
 
Le covoiturage est également perçu comme moins confortable et moins sûr par 47% des enquêtés, un niveau relativement plus important que pour le train et la voiture (moins de 25%).
 
En revanche, le critère des horaires n’est clairement pas à l’avantage de l’autocar du fait de la flexibilité des offres de covoiturage.
 
  •  l'autocar prend des clients au train
 
Globalement, 37% des personnes interrogées se sont détournées du train, dont 24% du TGV (29% pour les trajets de plus de 250 kilomètres). Ainsi, 1,9 million de voyages auraient été réalisés en train (dont 1,3 million en trains à grande vitesse).

L'autocar prend ainsi des clients au train, confirmant l'intuition de l'Arafer dans son premier
rapport annuel sur le marché du transport par autocar et gares routières publié le 7 novembre 2016.
 
Sans surprise, l'enquête de l'Arafer souligne que le critère prix ressort comme le principal atout du transport par autocar : 80% des sondés jugent l’autocar moins cher que le train...
 
Florence Guernalec

En savoir plus :  L'enquête de l'Arafer
"Les pratiques de mobilité de longue-distance des voyageurs sur les lignes régulières d’autocar librement organisées"
 
(1) Méthodologie : 1.476 personnes ayant voyagé sur une ligne de car Macron ont été interrogées entre octobre et décembre 2016 : 452 par téléphone, 689 par internet, 335 en gare routière. La base des réponses apportées par les sondés des trois enquêtes a été redressée des volumes de fréquentation observée au 3ème trimestre 2016 par type de liaison  (radiale/transversale) et par catégorie de distance.