En septembre 2016, SNCF Réseau avait fait une démonstration grandeur nature de l’utilisation de ses drones. Le 5 janvier 2017, le gestionnaire d’infrastructure a lancé officiellement sa filiale dédiée "aux services de données collectées notamment par drones", Altamétris, en présence du secrétaire d’État aux Transports, Alain Vidalies.

L’ambition du groupe public est d’industrialiser, dans les deux ans à venir, l’utilisation des drones (et robots) pour la maintenance, l’acquisition de données et la surveillance de ses installations contre des actes malveillants. "L’innovation est au moins autant managériale que technique. Le plus important est de convaincre les agents SNCF de s’approprier ces outils. Cela prend plus de temps à intégrer que la technologie", a souligné Patrick Jeantet, PDG de SNCF Réseau. 

Un "potentiel de productivité énorme"

S’il est encore trop tôt pour évaluer les économies à attendre avec ce genre de changement, en revanche, Patrick Jeantet est convaincu que le "potentiel de productivité est énorme". Celui-ci a pris, pour exemple, la vérification de l’état d’un viaduc aujourd’hui opérée par des équipes spécialisées qui descendent en rappel pour inspecter chaque partie de l’ouvrage d’art et qui peut être en majeure partie réalisée avec un drone. Autre application possible, SNCF Réseau travaille actuellement à la Gare Saint-Charles à Marseille pour évaluer si les installations datant du XIXe peuvent accueillir les nouveaux trains souvent plus larges que les précédents.

Le gestionnaire d’infrastructure ne fabrique pas lui-même des drones et n’a pas vocation à le faire, mais  travaille avec les constructeurs pour les adapter à ses besoins spécifiques. L’équipe d’Altamétris est actuellement composée de vingt personnes – ingénieurs spécialisés, télé-pilotes confirmés et développeurs. Un nombre qui devrait doubler dans les cinq ans qui viennent, a annoncé Patrick Jeantet.

La flotte est limitée à 12 drones allant de 2 à 22 kilos pour répondre aux différents usages de SNCF Réseau. Là aussi, l’entreprise publique assure qu’il est prévu de monter en puissance sans dévoiler le montant de ses investissements futurs. SNCF Réseau ne communique pas le budget consacré à cette nouvelle entité.

Prochaine étape, vendre son savoir-faire aux autres gestionnaires d’infrastructure spécialisés dans l’électricité et la téléphonie, par exemple. Avoir créé une filiale dédiée devrait lui donner l’agilité et la flexibilité nécessaires à l’heure où le turnover des technologies ne dépasse pas 4-6 mois.

Florence Guernalec

 

Les services fournis par Altamétris

SNCF Réseau explique plus précisément que le panel de services a pour objectif :

- la collecte de données par mobiles automatisés type drones et robots ;
- la fourniture de plans et modèles 3D, nécessaires à tout projet de modernisation et de régénération d’infrastructure ;
- la surveillance des infrastructures par le recensement des constituants et de leur état, ainsi que leur évolution dans le temps, avec une spécialisation sur les infrastructures industrielles et linéaires ;
- une aide à la prise de décisions, dans la mesure où les données aériennes de différentes sources (photographies, infrarouge, laser, etc.) offrent une observation originale des événements, facilitant la compréhension et la prise de décisions.