Les adeptes du train peuvent se réjouir. Le billet de TGV - et de TET - n’augmentera pas en 2017. Du moins, la SNCF ne rehaussera pas ses tarifs plafonds. Ce qui n’est pas tout à fait pareil.

Car comme le subodore la Fnaut, ce statu quo tarifaire peut cacher des rattrapages insidieux effectués par l'entreprise ferroviaire sur ses tarifs minimum ou intermédiaires ou bien sur le quota de petits prix mis en vente. Le yield management permet en effet de nombreuses astuces pour faire varier le prix moyen acquitté par les voyageurs. Il était en 2016 de 46 euros, indique le quotidien les Echos.

Reste que ce prix moyen mis en avant par la SNCF a du mal à contrebalancer le sentiment que le TGV est hors de prix aux horaires et aux périodes les plus prisés et si on ne réserve pas des semaines à l’avance.

Un gel des tarifs annoncé par l'exécutif
 
C’est la tutelle qui a annoncé le gel tarifaire, le deuxième de suite après celui de 2016. Le 22 décembre 2016, l'entourage du secrétaire d'Etat aux transports Alain Vidalies a fait savoir via l'AFP que "les tarifs SNCF n'augmenteront pas au 1er janvier 2017".  Ce qui laisse entendre que cette politique tarifaire été largement suggérée à la SNCF par l’Etat.

Contrairement aux tarifs autoroutiers dont les hausses annuelles systématiques sont imposées par la teneur des contrats de concessions passés entre l’État et les concessionnaires, l’exécutif a le dernier mot sur les tarifs des trains.

Depuis deux ans, la tutelle veut rompre avec le cercle vicieux des hausses automatiques et éviter de faire payer aux clients-usagers les coûts de la fameuse "inflation ferroviaire". Une hausse des coûts du double de l'inflation qui est en grande partie la conséquence du régime social spécifique des cheminots (avancements automatiques, régime de retraite, etc.).

Depuis le début de la décennie, l’entreprise publique – avec l’accord de l’Etat – avait en vertu de cette particularité beaucoup sollicité le pouvoir d'achat de ses clients-usagers : +2,85% d'augmentation en 2011 ; +3,2% en 3012 , +2,3 % en 2013 ; +3%  en 2014 ; +2,6 % en 2015. Cette année-là, la hausse avait suscité une vive polémique entre la SNCF et Ségolène Royal, la ministre de l'Environnement. Celle-ci l'avait trouvée excessive après l'avoir pourtant validée.

Forcer la SNCF à travailler ses coûts

En cette année d’élection présidentielle où la majorité cherche à ménager l'électeur, pas question de retour de hausse pour la tutelle. Mais les échéances électorales n’expliquent pas tout.

Le nouveau climat instauré par les contrats de performance passés entre l’Etat et le groupe ferroviaire public consiste à forcer la SNCF à se concentrer sur le sujet auquel Guillaume Pepy ne s’est jamais vraiment attaqué durant toutes ses années de n°2 puis de n°1 de la SNCF : travailler à la maîtrise des coûts internes, qui est la tâche assignée à Franck Lacroix, le patron du TER mais à l’échelle de cette seule activité.

Cet objectif suppose d’éviter de donner à la SNCF des échappatoires en lui accordant la facilité de hausse de tarifs.
 
L’entreprise a elle-même intérêt à ne pas forcer sur les tarifs, car plus que jamais le train est concurrencé de tous côtés : les compagnies aérienne low cost, le covoiturage et l’autocar, ces deux nouveaux modes de transports ayant abaissé le prix du trajet à hauteur de 5 à 6 centimes du kilomètre. 

Pour l’heure, après l’année 2016 qui sera noire sur le plan financier en raison de la conséquence des grèves du printemps, le président de la SNCF a donné des consignes : faire encore des économies après les plans de réduction de dépenses annoncés ces dernières années. Du coup, pour la première fois depuis des années, la SNCF n'organisera pas de cérémonie de vœux aux institutionnels.
 
Eviter les vœux pieux et préférer le "chemin de faire" : c'est la SNCF de 2017 ?

Marc Fressoz
 
Les Régions attendent d'avoir la main sur les abonnements TER

Quid de l'évolution des tarifs  TER ? C'est la nouveauté cette année : les Régions, autorités organisatrices du transport express régional, ont obtenu le principe de la liberté tarifaire. Dorénavant, ce sont elles qui fixent le tarif du billet de TER. En fait, ce pouvoir n'est pas complet. Les conseils régionaux n'ont pas encore la main sur le tarif des abonnements qui constituent environ la moitié des déplacements.

Pour en disposer, elles attendent un courrier du secrétaire d'État aux Transports Alain Vidalies qui devrait signifier à SNCF Mobilités que ce n'est plus l'État mais les autorités organisatrices de mobilités régionales qui en fixeront l'évolution. "Ce courrier devrait être bientôt envoyé", indique une source proche du dossier.

Pour les Régions, c'est la priorité. "Pouvoir gérer le prix des abonnements permettra aux exécutifs régionaux de disposer de tous les leviers pour pouvoir mener une politique marketing cohérente et adaptée, indique Régions de France. Dans un premier temps, il s'agit d'harmoniser les tarifs au sein des nouvelles grandes Régions. Ensuite il s'agira de les harmoniser avec ceux des autocars."

Selon Régions de France, les différents conseils régionaux n'ont en général pas procédé cette année à de hausses du prix du ticket à l'unité. Si ces hausses existent, elles sont très limitées compte tenu de la très faible inflation.

Marc Fressoz