Il y a peu encore le projet porté par l’agglomération Côte basque Adour ressemblait à un BHNS classique. Deux lignes de bus, baptisées Trambus, en partie en site propre, totalisant 25 kilomètres qui doivent devenir, en 2019, la colonne vertébrale d’un nouveau réseau de transport public unissant sept communes, dont les principales sont Bayonne, Anglet et Biarritz.

Mais la décision que vient tout juste d’annoncer le syndicat des transports de l’agglomération donne une autre dimension à ce projet. Sur ces deux lignes seront mis en service des autobus articulés de 18 mètres de long 100% électriques d’une capacité de 140 places. Si le calendrier est respecté, l’agglomération Côte Basque Adour sera la première la France – et sans doute même en Europe – à mettre en exploitation à cette échelle des bus électriques de ce gabarit.

Histoire basque

Le constructeur retenu est un voisin, le basque espagnol Irizar, qui fournira 18 exemplaires de son articulé électrique, dont un prototype tourne depuis huit mois sur une piste d’essais et est actuellement testé par l’IDIADA, l’Utac espagnol. Ce véhicule est le grand frère du 12 mètres i2e, sorti en 2015, qui a déjà été acheté ou testé par plusieurs réseaux dont celui de Bayonne.

Irizar, qui croit au développement de ce mode de propulsion, va inaugurer en mars 2017 une usine à Aduna, au pays basque espagnol, qui sera entièrement consacrée à l’électromobilité. De ses 18000 m² d’ateliers sortiront à la fois des bus, mais aussi des véhicules plus légers et des composants et systèmes électriques, notamment les stations de recharge rapides et lentes.

Le choix de l’agglomération s’est fait au travers d’un dialogue compétitif auprès de constructeurs européens qui a duré plusieurs mois, explique un communiqué de Côte Basque Adour. Chaque véhicule coûtera 650 000 euros, soit deux fois plus qu’un bus du même type au gazole, a révélé Claude Olive, président de l'agglomération bayonnaise et du syndicat des transports lors d’une conférence de presse. Soit une enveloppe de 11,7 millions d’euros pour l’achat des 18 articulés auxquels s’ajoute le coût des stations de recharge.

Au total, le contrat passé avec Irizar est évalué à 28 millions d’euros sur 15 ans. "Une somme qui prend en compte l’achat des véhicules et des infrastructures de recharge, mais aussi la maintenance du système pendant 15 ans", précise Laurent Irazusta, responsable des ventes électromobilité de Irizar en France.

Un projet à 130 millions d’euros

Ce surcoût d’achat des véhicules risque-t-il de modifier le coût initial du projet de l’agglomération estimé à 130 millions d’euros ? "A notre grande satisfaction, ce ne sera pas le cas parce que nous avons affiné notre projet en réduisant un peu la voilure sur certains aménagements", précise Jean-Paul Badie, directeur général des services de l’agglomération.

Irizar installera au dépôt du réseau un système de charge lente qui permettra de recharger de nuit les batteries des véhicules en 3 heures. Des infrastructures de recharge rapide seront installées aux terminus des deux lignes pour compléter en moins de 3 minutes (grâce à des pantographes installés sur le véhicule) l’autonomie du véhicule "qui devient ainsi infini", explique Laurent Irazusta. Le premier prototype du véhicule sera disponible dès le mois de mars 2017 pour des tests sur route ouverte. "Nous avons développé des systèmes de recharge mobile qui nous permettent de proposer ce véhicule en démonstration à tous les réseaux qui le souhaitent", indique Laurent Irazusta qui précise qu'Irizar répond actuellement à plusieurs appels d'offres européens comme celui de la STIB à Bruxelles et attend avec impatience celui que la RATP prépare pour fin 2017.

Les premières livraisons de véhicules pour Bayonne débuteront à partir de juin 2018. L’agglomération en profitera pour installer une nouvelle billettique sans contact et un système dynamique d’information voyageurs.

Robert Viennet