Comme cela avait été annoncé, un bureau du Syndicat des transports d’Île-de-France (Stif) s’est tenu ce lundi 16 décembre 2016 pour évaluer les conséquences de la circulation alternée sur les comportements de mobilité des Franciliens et sur l’impact de la gratuité des transports.

Dans un communiqué, le Stif estime que, les jours de gratuité, la fréquentation du réseau francilien augmente en moyenne de 5%. En conséquence, le coût de la gratuité des transports,  estimé à 4 millions d’euros par jour en semaine et à 3 millions le samedi, aura coûté 23 millions d’euros pour l’année 2016.

Pour le Stif, cette mesure "à l’efficacité limitée" n'est "clairement pas soutenable financièrement vu la fréquence des pics de pollution et leurs durées". Et le Syndicat de se livrer à un petit calcul aux vertus pédagogiques : "Les ressources financières dégagées pour la gratuité auraient pu servir à investir pour baisser de manière durable la pollution : avec 23 millions d'euros, le Stif aurait pu ainsi acheter 50 bus électriques qui auraient roulé quatorze ans sans émettre de pollution."

Pic de gratuité

S’y ajoute le fait que les usagers eux-mêmes, ou plutôt les associations qui les représentent, comme la Fnaut, n’y sont guère favorables. Elles estiment, selon le Stif, que "son influence sur le comportement des automobilistes est négligeable et que les crédits perdus seraient plus utiles pour améliorer la qualité des transports du quotidien."

Le bureau du Stif a mandaté Valérie Pécresse "pour présenter au conseil du Stif de janvier 2017 différentes options pour favoriser l'usage des transports en commun en cas de pic de pollution, des options qui soient soutenables financièrement pour l'établissement : soit en faisant appel à des financements supplémentaires spécifiques (État, collectivités locales…) pour maintenir la gratuité, soit en substituant à celle-ci un tarif incitatif moins coûteux."

Robert Viennet

 
Comment compter les gratuits ?

Comment le Stif peut-il évaluer le coût de la gratuité dans les transports publics alors que beucoup d'usagers ont des abonnements et que l'absence de validation (les portiques sont systématiquement ouverts dans le métro et le RER et les valideurs inactifs dans les bus) ne permet pas de compter le nombre de voyageurs les jours de gratuité ?

En se basant sur les comptages partiels des opérateurs. Ces derniers indiquent que le réseau métro, bus et Transilien a vu son trafic augmenter, en moyenne, de 5% environ par rapport à un jour normal.


Une moyenne qui cache de fortes disparités selon le Stif. "Par exemple, sur les lignes 2, 5 et 9, qui disposent de comptages automatiques sur les rames, le trafic est en augmentation à des taux variables d'une journée à l'autre (de 3 % à 12 %), dont la moyenne est de 5 % environ. Sur le réseau RER A, il n'a pas été constaté d'augmentation significative de la fréquentation sur ces quatre journées. Sur les autres RER et les Transilien, à l'exception du RER B dont le service n'était que partiellement assuré à cause d'une panne d'infrastructure, la SNCF estime à environ 5 % de trafic en plus."

R.V.