Dix ans après sa vision pour les transports à l'horizon 2010 qui s'est concrétisé avec plus ou moins de succès, la Commission européenne a publié le 28 mars 2011 son nouveau Livre blanc à l'horizon... 2050, cette fois.

Ce nouveau document de vision détaille la stratégie globale de la Commission européenne et vise à "mettre en place un système de transport compétitif qui favorisera la mobilité", tout en réduisant la dépendance de l'Europe à l'égard des importations de pétrole et en "faisant baisser de 60% les émissions de carbone liées aux transports d'ici 2050".


Vœux pieux et 1 500 milliards d'investissement nécessaires

Comment ? En supprimant les véhicules à carburant traditionnel dans les villes, en portant à 40% la part des carburants durables à faible teneur en carbone dans l'aviation et en réduisant d'au moins 40% les émissions dues au transport maritime. Enfin, en s'asurant que "50% du transport routier de passagers et de fret sur moyenne distance s'effectue par voie ferrée et par voie navigable".

Voeux pieux, mais avec quels moyens ? "Pour que le développement des infrastructures de l'Union européenne satisfasse la demande de transport, il a été estimé que plus de 1 500 milliards d'euros devaient être investis entre 2010 et 2030. Des montants qui donnent le vertige. D'où la réaffirmation du principe du "pollueur payeur".
"L'autofinancement est l'avenir, car il n'y aura de moins en moins de deniers publics", a souligné Siim Kalas, le commissaire européen chargé des transports.

Encore plus ambitieux que ceux du Livre blanc de 2001, ces nouveaux objectifs e sont-ils réalistes ? (lire l'encadré pour en connaître les détails). Trouveront-ils des traductions législatives européennes et dans les Etats membres ? "Ce sont des bons objectifs, ce qui ne va pas de soi, c'est le chemin pour y parvenir", observe Bernard Soulage, vice-président de la Commission Europe au Groupement des autorités responsables de transport (Gart).
En attendant, la Commission invite le Parlement européen et le Conseil à approuvé la présente feuille de route et la liste des actions à mener.

Nathalie Arensonas