Par un amendement ajouté à la dernière minute en nouvelle lecture du projet de budget 2017, le ministre de l'Économie, Michel Sapin, a mis en avant la volonté d'un "signal fort dans la lutte contre la pollution atmosphérique", via une incitation fiscale accrue à l'achat de systèmes de charge pour les véhicules électriques.

Le locataire de Bercy a ainsi défendu le passage de 30% à 50% du taux du crédit d'impôt pour la transition énergétique (Cite), "uniquement" pour ce cas. Mais la rapporteure générale du Budget, Valérie Rabault (PS), a vertement riposté, après s'être déjà opposée au ministre autour d'une taxe au profit du Centre national de la chanson (CNV). "C'est de l'argent public gaspillé", a notamment lancé la députée du Tarn-et-Garonne.

"Quand on achète une voiture électrique, c'est 25.000 euros à peu près et, si on rend un vieux diésel, on a 10.000 euros déjà d'aide de l'Etat, sinon 6.700 euros d'aide", a dit Mme Rabault.

"Et là, vous nous demandez pour une borne qui coûte 1.000 euros – quand on a 25.000 euros, je pense qu'on peut payer une borne à 1.000 euros –, que l'État fasse un chèque de 500 euros !", a protesté la députée. Laquelle a aussi déploré cet ajout après une soirée où tous les amendements pour augmenter le Cite ont été refusés.

En soutien, Razzy Hammadi, élu PS de Seine-Saint-Denis, a jugé que le problème n'était pas que "chacun puisse se payer" un système de charge électrique mais qu'il fallait une offre d'équipement bien maillée sur le territoire. Il a été rejoint en ce sens par le socialiste parisien Pascal Cherki.

Le député de 37 ans, élu en 2012, a suggéré un grand appel d'offres pour ce faire. "Mais non, on va mettre des millions sur une vieille politique parce qu'elle est pensée par de vieilles têtes", s'est-il exclamé, déclenchant brièvement l'hilarité de la présidente de séance, Sandrine Mazetier (PS).

Quant à Alain Fauré (PS, Ariège), il a rappelé le vote à l'été 2014 d'une loi pour faciliter l'installation de bornes de recharge dans l'espace public, s'opposant à rajouter d'autres bornes "dont on n'a pas besoin".

Le député LR breton, Marc Le Fur, s'est, lui, inquiété que soit "multipliée la consommation électrique", vu "le risque de rupture d'approvisionnement dans certaines régions".

Ce vote va contrarier les annonces de Ségolène Royal du 10 décembre 2016 en Conseil des ministres.

AFP