A Medellín, on l’appelle le métrocable. Il fait partie du paysage depuis 2004, année d’ouverture de la première ligne chargée de désenclaver les quartiers pauvres et escarpés de la ville qui fut autrefois celle des narcotrafiquants. Le succès est immédiat. Alors qu’il fallait une heure et demie pour descendre en ville, il ne faut plus que dix minutes en survolant le fleuve, les rues et les embouteillages.

Douze ans plus tard, les trois lignes que comptent la ville de 2,2 millions d’habitants et qui ont toutes été construites par le Français Poma, transportent 70 000 passagers par jour. Un succès qui va s’amplifier avec la mise en service le 17 décembre 2016 d’une quatrième ligne longue de 1,5 kilomètre pour 197 mètres de dénivelé. Avec ses 42 cabines desservant trois stations, elle pourra transporter 1800 personnes par heure.

Trois mois plus tard, en mars 2017, une cinquième ligne sera mise en service. Longue de 1 kilomètre et trois stations pour un dénivelé de 276 mètres, ses 49 cabines transporteront 2500 personnes à l’heure.

Ces cinq lignes sont intégrées au reste du réseau, bus, métro et même tramway sur pneus conçu par un autre Français l’alsacien NTL, filiale d'Alstom. Elles côtoient aussi un autre mode de transport atypique en milieu urbain, des centaines de mètres d’escalators mis en service en 2012 pour compléter la desserte de quartiers escarpés.

Après cette première réalisation en milieu urbain, Poma a exporté son savoir-faire dans d’autres villes comme Rio de Janeiro, New York, Zacatecas au Mexique, Santiago du Chili, Alger … Et pas encore en France (à l'exception de ses réalisations alpines), mais les nombreux projets qui fleurissent un peu partout dans l'Hexagone devraient bientôt combler ce manque.

Dans un communiqué, celui qui se présente comme le leader mondial du transport par câble urbain explique que "le taux de disponibilité de ses télécabines est de 99,5% et qu’elles peuvent fonctionner 365 jours par an." 

Robert Viennet