Au premier semestre 2016, sept colis suspects, en moyenne, sont signalés, chaque jour, sur le réseau métro/RER de la RATP. Un chiffre en augmentation de 60% par rapport à la même période de 2015 qui avait déjà doublé par rapport à 2014. Résultat, 379 heures d'interruption du service sur les lignes concernées à cause de la lourdeur des procédures imposées par le ministère de l'Intérieur.

"Il faut compter, en moyenne, 45 minutes d'interruption totale de la ligne par colis suspect, mais pour que le service reviennent à la normal il faut deux bonnes heures",  explique Philippe Martin, directeur général adjoint de la RATP en charge des opérations de transport et de maintenance.

La ligne A du RER, la plus touchée par ce phénomène, totalise 95 heures d'interruption pour le seul premier semestre 2016, "ce qui provoque la baisse de deux points de la régularité" d'une ligne qui n'a pas besoin de ça.

Pour lutter contre ces faits dus à l'étourderie de ses voyageurs, la RATP lance une campagne de sensibilisation. Le message, qui sera diffusé par voie d'affichage sur les quais, dans les couloirs et dans les rames, mais aussi sur les réseaux sociaux, se veut pédagogique. Il explique clairement ce que chaque colis abandonné coûte en matière de temps perdu et d'arrêt du trafic.

Dans le même temps, la RATP tente de réduire le délai d'intervention sur ces colis – dont les procédures sont déterminées par les forces de l'ordre – en déployant depuis quelques jours des équipes cynophiles qui pourront intervenir dans 32 stations de métro et 8 gares de RER. L'utilisation de ces chiens formés à la détection des explosifs devrait permettre de réduire à 20 minutes l'intervention sur les colis suspects, espère la RATP qui va expérimenter ce dispositif pendant six ans mois avant éventuellement de le généraliser.

Robert Viennet