Le président de la SNCF Guillaume Pepy, le secrétaire d'État aux Transports Alain Vidalies et la secrétaire d'État aux handicapés Ségolène Neuville ont paraphé, le 29 novembre 2016, le schéma directeur national qui prévoit la mise en accessibilité de 160 gares nationales d'ici à 2024. Au total, 800 millions d'euros – cofinancés par l'État, les Régions et la SNCF – seront mobilisés pour financer des travaux d'accessibilité des accès aux gares et des quais, mais aussi de l'information voyageurs. S'y ajoute la formation de 9300 agents de la SNCF.

La loi sur le handicap de 2005 avait prévu une mise en accessibilité totale des transports publics en 2015. Mais, suite au retard pris dans son application, une ordonnance a accordé un délai supplémentaire de trois ans pour les réseaux urbains ; six pour les réseaux routiers régionaux et départementaux ; neuf ans pour le réseau ferré. Au schéma ferroviaire national s'ajoutent les schémas régionaux déjà signés qui prévoient la mise en accessibilité de 370 gares de province et 209 du réseau francilien. Déjà 600 gares ont été rendues accessibles entre 2005 et 2015, c'est près de la moitié des 3000 gares et haltes ferroviaires du territoire qui seront ainsi accessibles au plus tard début 2024.

Les nouveaux matériels mis en service seront aussi plus accessibles. Ainsi, la nouvelle rame de TGV L'Océane qui sera mise en service entre Paris et Bordeaux comptera deux emplacements pour fauteuils roulants par voiture, auxquels s'ajouteront deux fauteuils permettant le transfert d'un fauteuil roulant pour les plus autonomes. Le RER de nouvelle génération, dont le marché va bientôt être attribué, aura un plancher au niveau des quais et des combles lacunes au niveau de certaines portes.

"Cinq millions de personnes en situation de handicap prennent chaque année le train en autonomie et 850 000 ont besoin d'assistance", a expliqué Guillaume Pepy. D'où la nécessité de rendre les gares accessibles et de former les cheminots à l'appréhension de ce type de clients.

Au total, si l'on additionne le schéma national et les schémas régionaux, c'est 4 milliards d'euros qui seront ainsi mobilisés, a précisé Guillaume Pepy. Une somme qui pourrait augmenter si la directive européenne sur "l'accessibilité des produits et des services" qui inquiète la profession était adopté par le Parlement européen. Interrogé à ce sujet par MobiliCités, Alain Vidalies a déclaré qu'il y avait encore bien des questions à préciser concernant ce texte, notamment son périmètre, l'application ou non de ces obligations au matériel existant et la distinction entre les mesures nouvelles et celles déjà existantes. Mais pour le secrétaire d'État, ces interrogations "ne remettront pas en cause la volonté de l'Europe" de rendre accessible les réseaux de transport public.

Robert Viennet