Petit chambardement opérationnel chez Thalys à partir du 11 décembre 2016. Comme prévu, la DB, qui en était co-actionnaire à 10% (la SNCF en ayant 62%, la SNCB 28%) depuis l'origine, descend du train rouge et cela entraîne pour l'opérateur une réorganisation de son dispositif en Allemagne.

Concrètement, les TGV rouge ne circuleront plus sur les rails allemands sous la responsabilité de la DB. La filiale de la SNCF et de la SNCB – qui en France et au Benelux agit comme entreprise ferroviaire à part entière – a dû trouver une solution via une entité du groupe français, SNCF Voyages Deutschland (SVDe), filiale à 100% et qui assure déjà la pris en charge des TGV sur le tronçon Paris-Fribourg.

Keolis découvre le TGV

Ainsi, "Thalys circulera en Allemagne sous certificat de sécurité SVDe, détaille la compagnie, les équipes de Thalys continuant de piloter l’ensemble du dispositif tant sur le plan opérationnel que commercial, y compris la conduite des trains jusqu’à Aix-la-Chapelle et Cologne, ainsi que le service et le contrôle à bord, de bout en bout".

Mais pour le reste du trajet Cologne-Dortmund, Thalys a aussi imaginé une autre solution qui fait appel aux ressources du groupe SNCF à travers la filiale Keolis. "Pour compléter ses équipes de conducteurs, Thalys fera appel aux personnels de Keolis Deutschland spécialement formés à la grande vitesse dans les rames Thalys", précise l'opérateur. Thalys souligne qu'il a choisi Keolis Deutschland dans les formes c'est à dire "au terme d’un appel d’offres européen".

C'est en tout cas la première fois que Keolis monte à bord d'un TGV. Même si ses conducteurs mèneront des TGV a priori uniquement sur voie classique, cette évolution est importante.

Un histoire d'hommes

Outre le fait d'appartenir au groupe SNCF, Thalys et Keolis sont reliés par une autre passerelle importante. PDG de Keolis, Jean-Pierre Farandou fut en effet, de 1993 à 1998, l'un des artisans de Thalys, qui était désigné à l'époque comme projet PBKA (Paris-Bruxelles-Amsterdam-Cologne). Il a monté et dirigé la structure Thalys international à Bruxelles. En outre, un autre dirigeant cheminot, Jacques Damas, fait le lien entre les deux entités. Directeur exécutif du groupe ferroviaire et industriel de Keolis depuis 2014, Jacques Damas a également conseillé Thalys.

Par ailleurs, concernant les autres volets de la réorganisation de l'entreprise Outre-Rhin, Thalys pilotera au quotidien l’ensemble du service opérationnel, en contact direct avec le gestionnaire d’infrastructure allemand (DB Netz) comme avec chacune des gares desservies : Aix-la-Chapelle, Cologne, Düsseldorf, Duisbourg, Essen et Dortmund.

Pour le plan de transport, Thalys gérera les demandes de sillons auprès du gestionnaire d’infrastructure par l’intermédiaire de SVDe, entreprise ferroviaire responsable de la sécurité pour le territoire allemand, en coordination avec le planning et la direction de la sécurité de Thalys.

S'agissant du contrôle et de l’accompagnement, ils continueront d’être effectués par les équipes de Train Managers Thalys jusqu’à Dortmund. Enfin, l’accueil à bord des trains comme la gestion du bouquet de services en Comfort 1 (dont les repas servis à la place) continueront d’être intégralement assurés par les équipes de Thalys jusqu’à Cologne, avec du personnel spécialement formé aux différentes langues parlées sur le réseau Thalys.

Marc Fressoz