Le président LR de la région Provence-Alpes-Côtes d'Azur (PACA) s'est-il fourvoyé en promettant pendant la campagne des régionales des portiques de sécurité dans les gares TER ? L'option tout sécuritaire de Christian Estrosi suscite, en tout cas, les sarcasmes du Front National.

Un tiers des gares concernées

Sa ligne n'est plus très lisible. Car tout en faisant démonter un portique qu'il avait fait installer dans la gare des Arcs (Var), le patron de l'exécutif régional, promet d'en déployer dans un tiers des gares la région. C'est moins qu'à son arrivée fin 2014 où il promettait d'en couvrir les 147 gares de sa Région.

"D'ici à la fin du premier trimestre 2017, le président de Région Christian  Estrosi, rendra ses arbitrages pour un déploiement en 2017 dans un tiers des gares", a précisé le service de presse de ce dernier le 18 novembre 2016.

Six mois après son élection à la tête de la région PACA, Christian Estrosi - soutien de Nicolas Sarkozy avant le premier tour des primaires de la droite et du centre - pravait inauguré un premier portique, du type de ceux qu'on trouve dans les aéroports, pour contrôler les voyageurs entrant dans la gare des Arcs, une promesse de campagne lors des régionales.

Mais son démontage la semaine dernière a provoqué des réactions étonnées. La Région assure que c'est conforme au calendrier d'une expérimentation prévue pour durer six mois. 

A la recherche du "portique de demain“

"Un test dans une autre gare n'est pas exclu d'ici la fin du premier trimestre 2017", a-t-on précisé de même source, alors que des ingénieurs travaillent à inventer ce que Christian Estrosi a baptisé "le portique de demain" adapté aux gares.

"Sur les six premières semaines d'expérimentation, nous avons intercepté 38 armes blanches ou armes à feu", avait indiqué fin septembre Christian Estrosi, un proche du sénateur Louis Nègre. Mais il avait aussi admis "certaines difficultés, notamment lorsqu'il y a un afflux de voyageurs".

Le FN jubile

"Nous avions raison !", a triomphé de son côté dans un communiqué de Marion Maréchal-Le Pen, présidente du groupe FN au conseil régional, affirmant que Christian Estrosi avait promis d'équiper 50% des gares à la fin du premier semestre 2016, "une promesse irréalisable et surtout, un dispositif inefficace et coûteux", selon elle.

Pour celle qui était son adversaire au second tour des régionales fin 2015, Christian Estrosi tente de "masquer son échec" avec un nouvel objectif pour 2017 alors que la Région ferait mieux d'augmenter la présence policière dans les trains et les gares. Le portique expérimental aux Arcs "coûtait 100.000 euros par mois au contribuable", affirme-t-elle.

Marc Fressoz avec AFP