L'accord principal concerne la ligne Paris-Troyes-Belfort, dont le déficit s'élève à 30 millions d'euros. Elle sera transférée au Grand Est, en lien avec la région Bourgogne-Franche-Comté, qui se prononcera elle aussi vendredi sur ce projet.

Philippe Richert juge "équilibré" l'accord trouvé avec l'État, qui financera 19 rames neuves (Alstom Coradia Liner) pour un montant d’environ 275 millions d'euros qui seront déployées dès 2017, et prendra à sa charge 13 millions d'euros de déficit. Celui-ci sera également compensé à hauteur de trois millions d'euros par les régions Bourgogne-Franche-Comté et Île-de-France - également traversées par cette ligne.

"Nous pensons améliorer considérablement la rentabilité de cette ligne (...) en augmentant de façon considérable (sa) fréquentation, en offrant de meilleurs services, en offrant des dessertes mieux conçues en fonction des horaires, et en organisant l'articulation avec les TER sur l'ensemble du trajet", assure le président de Grand Est, qui évoque un gain potentiel d'efficacité "de l'ordre de 10 millions d'euros" en trois ou quatre ans.

Ces nouvelles dessertes seront effectives le 1er janvier 2018, détaille Michel Neugnot, premier vice-président (PS) de Bourgogne-Franche-Comté et président de la commission transports de Régions de France : leur élaboration se fait dans une "logique de maintien de l'ensemble des arrêts sur le parcours, il n'y aura pas de diminution de fréquence".

Bien utiliser le budget de la Région

"Le ferroviaire doit évoluer", notamment pour pouvoir concurrencer les autres moyens de transport, insiste-t-il, évoquant également l'importance d'une bonne utilisation du budget de la Région: "quand bien même on aurait de l'argent à foison, on devrait se poser cette question".

La décision qui sera votée, le 18 novembre 2016, par la région Grand Est concerne également le transfert par l'État des lignes Metz-Hirson et Reims-Dijon, dont le déficit cumulé est d'une dizaine de millions d'euros.

L'État a entamé une concertation avec les régions sur le transfert de certaines lignes TET (Trains d'équilibre du territoire), c'est-à-dire les grandes lignes hors TGV. Le conseil régional de
Normandie, présidé par Hervé Morin (UDI), a été le premier en France à signer un tel accord.

Par ailleurs, dans le cadre des contrats de plan entre l'État et les régions Île-de-France et Grand Est, la ligne Paris-Belfort sera électrifiée entre Paris et Troyes, pour 320 millions d'euros.

AFP