Le Stif aime bien Alstom. L'autorité organisatrice de l'Île de France présidée par Valérie Pecresse a attribué, le 10 novembre 2016, au constructeur français le marché de fourniture des rames de trams T9 et T10.

"Ce marché porte sur une commande ferme de 22 rames pour un montant de 70 millions d’euros et de 68 rames en option. La signature de ce marché doit être autorisée par le conseil du Stif le mardi 6 décembre", 2016 indique l'autorité organisatrice.

Les premiers tramways seront livrés, à partir de 2019, pour une mise en service commerciale en 2020 sur le Tram 9 (Paris et Orly-Ville) qui est actuellement en construction, puis équiperont le Tram 10 (Anthony et Clamart) à l’horizon 2021.

La commission d'appel d'offres s'est réunie jeudi 10 novembre 2016 au matin et le Stif a aussitôt envoyé un communiqué annonçant vers midi le résultat sans attendre la signature du contrat. L'autorité organistatrice n'a pas détaillé les raisons de son choix. Le Stif justifie cette rapidité par le souci d'éviter des fuites et des commentaires dans la presse avant le vote du 6 décembre 2016. Cette célérité peut aussi être interprétée comme une volonté de dissuader tout recours contre la décision de la commission.

Aussitôt après, en début d'après midi, Alstom a officialisé cette commande en précisant les caractéristiques de son matériel proposé.

Il s'agit des derniers modèle de la gamme Citadis de type X05 de 44 mètres capable sur la ligne T9 de transporter plus de 314 voyageurs. "Il bénéficiera d’une connexion WiFi, d’un éclairage 100% LED" et sera "particulièrement économe en énergie", indique Alstom. Il souligne "une attention particulière" portée au design réalisé en partenariat entre les équipes Design&Styling d’Alstom et l’agence Design Saguez & Partners.

Face à Alstom, le constructeur CAF était en finale et comme pour le contrat géant du RER NG, son concurrent lui a été préféré alors qu'on pouvait éventuellement s'attendre à un forme de compensation après l'exclusion de CAF du contrat de RER. 

Ces dernières semaines Alstom a enchaîné les succès en France à chaque fois devant CAF. Il a obtenu le contrat du tram de Caen et celui du métro de Lyon. Plus de 240 millions d'euros de commandes sont tombés dans son escarcelle.

Dans les Echos du 10 novembre 2016, le PDG du groupe Henri Poupart-Lafarge réfute l'accusation de monopolisation de la commande publique soulignée dans le récent rapport parlementaire Savary-Pancher. "Le marché français est beaucoup plus ouvert que ce qui est dit", estime-t-il.

Dans les faits, la concurrence est réduite au rang de faire-valoir à qui peu de perspectives sont offertes.

Marc Fressoz

 
Les T9 et T10 en long et en large

À l’horizon 2020, le Tram 9 reliera en 10 kilomètres la Porte de Choisy à Paris au centre-ville d’Orly en 30 minutes. Il s’insère en grande partie sur la route départementale 5 et desservira six communes : Paris 13e, Ivry-sur-Seine, Vitry-sur-Seine, Choisy-le-Roi, Thiais et Orly. 70.000 à 80.000 voyageurs par jour sont attendus.

Ce projet de 403 millions est financé par l’État (22,5%), la région Île-de-France (52,5%), le département du Val-de-Marne (21%), la Ville de Paris (3%) et l’Établissement public territorial Grand-Orly Seine Bièvre (1%).

Les premiers travaux préparatoires ont commencé sur l’ensemble du parcours.

A l’horizon 2021, le Tram 10 reliera dans les Hauts de Seine la Croix de Berny (Antony) à la Place du Garde (Clamart) en 25 minutes en desservant les communes de Châtenay-Malabry et du Plessis-Robinson. Il sera en correspondance avec le TVM, la ligne B et le Tram 6.
 
Ce projet est porté par le Stif, la région Île-de-France, le département des Hauts-de-Seine et l’État. Le coût de l’infrastructure a été évalué à hauteur de 351 millions d’euros dans le Schéma de principe.
 
Le T10 a été déclaré d’utilité publique le 11 octobre 2016, les travaux préparatoires débuteront en 2017.