"Le fait que ce projet combine passagers, fret, patrimoine, environnement et développement économique a convaincu", assure Alain Rousset dans un communiqué. Le président de la région Nouvelle-Aquitaine et le président du gouvernement d'Aragon ont présenté, le 18 octobre 2016, à des parlementaires européens et à la Commission, leur projet de réouverture de la ligne ferroviaire Pau-Canfranc.
 
Le projet, nécessitant de réunir "au minimum 350 millions d'euros" selon Alain Rousset, est de concrétiser d'ici 2020 la réouverture d'une ligne allant de Pau, côté français, à Saragosse, côté espagnol, via Canfranc, avec l'ambition de transporter jusqu'à 500.000 voyageurs et 1,5 million de tonnes de marchandises par an.

"Si l'Europe n'est pas là, ce sera plus difficile", a prévenu le président de la région française à l'issue d'une réunion avec des responsables de la Commission européenne, à laquelle participait aussi le président du gouvernement d'Aragon, Javier Lamban.

L'appel à projet Missinglinks visé
 
Les deux élus espèrent que leur projet sera sélectionné dans le cadre d'un appel à candidatures lancé par la Commission européenne (appelé Mécanisme pour l'Interconnexion eu Europe) qui cofinance notamment de nouvelles infrastructures de transport dans l'UE. En outre, la Commission a informé du lancement prochain d'un appel à projet européen portant sur les liaisons ferroviaires manquantes, Missinglinks, doté de 110 millions d'euros.

Le projet franco-espagnol permettrait "de répondre à un choix politique populaire dans nos deux régions, au retour du développement dans les vallées" et "de redonner du boost et du développement" à la région, a déclaré Alain Rousset devant des journalistes, jugeant qu'on ne pouvait pas "laisser l'Aragon et l'Espagne devant un mur qui s'appelle les Pyrénées".

Côté français, un tronçon de cette ligne, allant d'Oloron à Bedous (Pyrénées-Atlantiques) a déjà été remis en service en juillet 2016, après 26 ans de fermeture. Pour Alain Rousset, "La pugnacité pour rouvrir" cette ligne "et son succès en termes de fréquentation ont marqué les esprits et  témoignent de notre motivation commune avec  l’Aragon pour aller jusqu’à Canfranc".
 
Florence Guernalec (avec AFP)