Les comportements changent... lentement. "Les Français sont conscients de l'attitude à adopter", "néanmoins, chacun effectue son propre arbitrage devant un passage à niveau qui se ferme", constate le dossier de presse de la 9e Journée nationale de sécurité routière aux passages à niveau qui a lieu le 13 octobre 2016. Le même jour, le secrétaire d'État aux Transports, Alain Vidalies, a tiré un bilan du plan pour la sécurisation des passages à niveau lors d'un comité ministériel.
 
Une nouvelle campagne de sensibilisation
 
En 2015, SNCF Réseau a dénombré 100 collisions aux passages à niveau et 27 personnes ont trouvé la mort. C'est deux fois moins d'accidents qu'il y a dix ans, mais 98% des accidents sont toujours dus à des comportements à risque des usagers. Et c'est la deuxième cause d'accidents mortels sur les réseaux ferrés européens français.
 
Concernant le volet évolution des comportements du  plan pour la sécurisation des passages à niveau, SNCF Réseau lance, le 13 octobre 2016, une nouvelle campagne nationale de sensibilisation aux comportements à risque sur les différents médias – cinéma, radio, web, réseaux sociaux sous le slogan "Ne risquez pas votre vie aux passages à niveau, respectez le code de la route" et un nouveau film Le cascadeur.
 
Parallèlement, les informations relatives aux passages à niveau seront intégrées dans les GPS grand public comme ceux des professionnels routiers. Pour l'instant, seule la marque Tom Tom a réalisé cette intégration avec l'appui de SNCF Réseau.
Par ailleurs, l'installation de 42 radars de vitesse et 80 de franchissement a été réalisée conformément aux objectifs fixés.
SNCF Réseau va également déployer d'ici à fin 2016, des pancartes d'indication de présence de téléphones utilisables en cas d'urgence sur l'ensemble des PN prioritaires.
 
Les suppressions de PN poursuivies
 
Le second volet du plan de sécurisation des passages à niveau concerne les aménagements. SNCF Réseau y a investi 42 millions d'euros en 2015 pour la suppression de 47 PN (contre 57 en 2014 et 40 en 2013), l'automatisation et l'équipement. Dix PN jugés prioritaires ont été supprimés entre 2015 et 2016 dont celui d'Allinges qui avait causé la mort de sept collégiens dans un autocar en 2008. Ainsi, le nombre de PN inscrit dans le programme a été divisé par trois entre 1997 et 2016, passant de 450 à 152.
 
"La suppression d'un passage à niveau peut prendre plusieurs années. Elle implique l'engagement des collectivités territoriales concernées", souligne le dossier de presse. Le coût de suppression d'un PN varie, en moyenne, entre 3 et 15 millions d'euros.
 
Des expérimentations en cours
 
Plus de 80% des diagnostics de sécurité sur l'ensemble des passages à niveau ont été réalisés sous l'égide des préfets pour un achèvement prévu en 2017. "Alain Vidalies demande aux collectivités locales de se mobiliser pour mettre en œuvre sans attendre les mesures de sécurisation nécessaires sur les voiries, et pour intégrer systématiquement cette préoccupation dans leurs réflexions d'aménagement urbain", souligne le dossier de presse.
 
Enfin, SNCF Réseau mène des expérimentations pour améliorer les équipements des passages à niveau. Par exemple, des détecteurs d'obstacle qui avertissent le conducteur du train en cas d'obstacle sur les voies sont en cours de test sur 7 PN dans trois régions Rhône-Alpes-Auvergne, Normandie et Île-de-France. Leur coût d'installation est compris entre 300 et 500.000 euros.

Florence Guernalec