La pilule risque d’être amère pour la plupart des usagers des transports publics toulousains. Le 5 octobre 2016, Tisséo, le syndicat mixte des transports en commun, a présenté la nouvelle gamme tarifaire du réseau, qui sera examinée par le comité syndical, le 19 octobre prochain. Remaniée en profondeur et basée sur les revenus des clients, elle doit rapporter quelque 10 millions d’euros de recettes commerciales.
 
Seniors, jeunes et chômeurs touchés

Cette gamme prévoit la fin de la gratuité pour les seniors. "Une gratuité dont ils bénéficiaient depuis les années 1970", selon nos confrères de Côté Toulouse.

Les seniors paieront désormais en fonction de leurs ressources. L’abonnement mensuel sera ainsi de 15 euros pour un revenu supérieur au Smic (1141 euros par mois), de 10 euros pour un retraité touchant entre le Smic et le plafond de l’allocation de solidarité pour les personnes âgées (801 euros par mois). Mais il restera gratuit pour les personnes ayant un revenu inférieur à 801 euros par mois.
 
Les jeunes de moins de 26 ans, qui payaient un abonnement mensuel de 10 euros depuis 2009, vont voir celui-ci passer à 15 euros. Il sera de 10 euros pour les boursiers, mais il sera gratuit pour les boursiers de niveau 7. 
 
Pour les demandeurs d’emploi, tout dépendra du niveau de leur allocation chômage. L’abonnement sera de 15 euros aux demandeurs d’emploi ayant une allocation supérieure au Smic, de 10 euros pour ceux percevant une indemnité entre 1141 et 720 euros par mois, et restera gratuit pour les chômeurs ayant une allocation inférieure à 721 euros.  
 
L’abonnement mensuel plein tarif passera, lui, de 46,50 euros à 50 euros. Cette augmentation s’opérera en deux temps, d’ici à 2018. "Cette hausse tient compte de l’évolution de l’offre et des investissements qui sont réalisés", explique Jean-Michel Lattes, le président de Tisséo. En outre, explique un communiqué, le coût de l’abonnement reste très éloigné de celui pratiqué dans d’autres agglomérations, comme à Nantes où il s’élève à 64 euros.
 
Objectif : un taux de couverture de 40%
 
Pour le syndicat mixte des transports en commun, cette tarification est "moins injuste", car elle prend en compte les revenus, maintient des niveaux de réduction pour ceux qui bénéficiaient de la gratuité, et est plus lisible et plus simple pour les usagers.

Cette politique tarifaire doit permettre de rattraper l’érosion de la recette moyenne par déplacement et augmenter la part de l’usager dans le coût de revient du réseau. Le ratio actuel des recettes sur dépenses est de 31%. Or l’objectif du réseau est de passer ce taux "au niveau de 40%".
 
En 2015, les recettes commerciales de Tisséo atteignaient 75 millions d’euros. Cette nouvelle politique des tarifs devrait ainsi dégager 10 millions de recettes supplémentaires. Par ailleurs, la hausse des tarifs sera désormais indexée sur "l'inflation et l'évolution de l'offre".

Hadrien Baer