"Les tarifs payés en France sont très largement inférieurs à la moyenne européenne. Nous sommes obligés d'avoir un rattrapage, puisque l'Europe exige qu'il y ait un prix qui corresponde à ce que ça coûte", a expliqué le secrétaire d'État aux Transports, Alain Vidalies, lors d'une conférence de presse.

Les péages du fret ferroviaire augmenteront donc chaque année entre 2018 et 2027, "de l'ordre de 4,6% par an au-delà de l'inflation" dans le secteur ferroviaire, précise le gouvernement dans son "plan d'action pour la relance du fret ferroviaire".

Cette hausse sera toutefois conditionnée aux trois quarts (soit 3,45% hors inflation) à l'amélioration des services rendus par SNCF Réseau, gestionnaire des voies ferrées françaises et percepteur des péages facturés aux opérateurs de fret – SNCF Mobilités et ses concurrents privés.

Pendant cette période, l'État continuera de compenser le manque à gagner pour SNCF Réseau, "soit 90 millions pour 2016, et le montant nécessaire pour les années ultérieures", indique le document.

"L'objectif est d'arriver au bout de dix ans à un système qui sera le fonctionnement normal d'un marché où le prix correspondra à la prestation, a déclaré M. Vidalies. On ne peut pas répondre à Bruxelles on ne fait rien, (car) c'est une aide d'État".

"Les engagements annoncés par le gouvernement ne sont pas suffisants sans une amélioration significative de la qualité de service de SNCF Réseau", a réagi l'Association française du rail (Afra), qui réunit les concurrents privés de la SNCF.

Le choix des indicateurs pour mesurer cette "qualité de service" fait encore l'objet de débats et "une issue doit être trouvée d'ici la fin de l'année (...) au risque d'entraver sérieusement la compétitivité du fret ferroviaire", a prévenu l'Afra.

En revanche, les opérateur privés se sont félicités de la prolongation jusqu'en 2020 de l'aide publique de 10 millions d'euros par an pour la rénovation des voies "capillaires" (utilisées uniquement pour le fret), annoncée par M. Vidalies.

L'Afra a également salué la reconduction en 2018 de l'aide de 10 millions par an au "transport combiné" (rail-route), mais a jugé "insuffisant" l'investissement de 20 millions d'euros consacré à des travaux de réduction du bruit des trains de fret en circulation.

AFP