"Ma position est différente de la précédente majorité qui opposait le transport public et la route, ça n'a plus de sens. Beaucoup de transport public viendra de la route", a expliqué Valérie Pécresse lors du congrès de la FNTV le 5 octobre 2016. Le matin même, celle-ci avait lancé le "Grand Paris des bus" lors du conseil du Stif, traduction de son plan de 1000 bus supplémentaires promis lors de la campagne des régionales.
 
La grande couronne prioritaire
 
Ce plan sera déployé sur la période 2017-2020 avec un budget de 30 millions d'euros pour la première année, soit autant qu'entre 2013 et 2016, selon la présidente du Stif. L'objectif est de rééquilibrer l'offre de bus en faveur de la grande couronne, a insisté Valérie Pécresse. D'ores et déjà, quatre territoires prioritaires ont été identifiés : Chelles, Versailles, Poissy et Étampes. Il s'agit également de remettre à plat un réseau parisien qui n'a pas été modifié depuis 70 ans, et qui n'est donc plus du tout adapté aux besoins.
 
En grande couronne, "l'idée est de faire du rabattement vers les gares, mais aussi de mettre en place des lignes express qui utiliseront les liaisons routières existantes. Valérie Pécresse est ainsi favorable à l'utilisation des bandes d'arrêt d'urgence aux heures de pointe quand le trafic est saturé pour le transport public, l'autopartage et le covoiturage.

Des voies dédiées aux bus

Alors qu'il existe déjà une voie dédiée sur l'A1 et l'A6A et que les travaux sur l'A10 permettront une mise en service fin 2017, Valérie Pécresse a annoncé qu'elle allait démarrer, la même année, des travaux sur l'A3 entre Bagnolet et Paris, l'A12 entre Saint-Quentin-en-Yvelines et Rocquencourt et l'A13 entre Mantes et Poissy. "En attendant la mise en service du RER E, cela permettra de désaturer le RER A et les lignes de Transilien", a justifié la présidente du Stif qui prévoit de consacrer 65 millions d'euros pour l'aménagement de ces voies dédiées.
 
Au total, il s'agira de déployer avec ce "Grand Paris des bus", 1000 véhicules supplémentaires. "Cela ne signifie pas forcément davantage de lignes, a prévenu Valérie Pécresse, mais cela pourra se traduire par davantage de fréquence, notamment aux heures creuses et le week-end". L'offre de bus sera également diversifiée avec des véhicules de plus petite taille et une remise à plat du transport à la demande (TAD) et du PAM (pour les personnes handicapées). "L'objectif est d'utiliser le digital comme un outil d'intermédiation intelligente entre l'offre et la demande", a expliqué Valérie Pécresse.
 
Quid du choix du matériel
 
Valérie Pécresse s'est déclarée opposée à des "choix mono-technologiques", autrement dit, il est hors de question d'acheter uniquement des bus 100% électriques qui conduiraient, selon elle, à des besoins de consommation trop importants. Celle-ci s'est dit prête à expérimenter des bus hybrides, au gaz naturel, à l'hydrogène pour les lignes grande distance. "Il faut être très prévoyant, car dans tous les appels d'offres, les clauses environnementales vont se durcir", a justifié Valérie Pécresse. Et on ne peut pas dire aux habitants de la petite couronne dense qu'ils n'auront pas les mêmes bus qu'à Paris."
 
Une méthode originale
 
Valérie Pécresse a également insisté sur la méthode choisie pour mettre en œuvre ce "Grand Paris des bus". En effet, le Stif a lancé une consultation auprès des élus et des Franciliens. Ainsi, depuis le 19 septembre et jusqu'au 5 novembre 2016, la consultation porte sur
Paris. Parallèlement, Valérie Pécresse a annoncé que des réunions seront organisées arrondissement par arrondissement pour redéployer profondément l'offre. La consultation publique se poursuit du 5 octobre au 5 novembre 2016 pour le reste de l'Île-de-France. Dès le mois de décembre, "les grandes priorités seront fléchées".
 
Florence Guernalec
 
 
Valérie Pécresse veut un EPIC pour chapeauter la SGP et le Stif
 
"Il manque 1,5 milliard d'euros pour financer les interconnexions entre les futures gares du Grand Paris Express et le réseau existant", a expliqué Valérie Pécresse lors du congrès de la FNTV. Cette dernière a avoué avoir sous-estimé ce problème, car ces dépenses sont "dans l'angle mort" entre le Stif et la SGP (Société du Grand Paris). Sont concernées les gares de Bry-Villiers-Champigny (400 millions d'euros), La Défense (400 millions), Saint-Denis Pleyel (400 millions) et les autres petites gares (300 millions).
 
"C'est ce qui m'incite à être audacieuse pour demander un changement de la gouvernance transport en Île-de-France", a expliqué Valérie Pécresse qui espère obtenir gain de cause à la faveur d'un changement de majorité au sommet de l'État en 2017. La présidente de la Région a ainsi réitéré sa proposition de créer une agence francilienne des mobilités, un EPIC avec une société IDF Investissement (regroupement de la SGP et du volet tramway du Stif) et une société IDF exploitation (Stif).
 
"Il ne faut pas déconnecter le maître d'ouvrage qui fait l'infrastructure ou les établissements de celui qui va l'entretenir et l'exploiter", a justifié l'élue qui craint de se retrouver avec de beaux ouvrages architecturaux mais qui seront trop coûteux à entretenir. Celle-ci a ainsi expliqué qu'elle était intervenue à plusieurs reprises devant le conseil d'administration de la SGP pour signaler qu'il faudrait se préoccuper du coût d'exploitation des nouvelles gares du GPE.