Pour ses deux ans, Marcel, se paie une nouvelle identité visuelle et une campagne de communication sur le web. La start-up, qui ambitionne de devenir une PME, a levé, en juin 2016, un million d’euros auprès de Sofinord, holding du groupe Armonia. L’objectif ? Accélérer son développement dans le VTC, en particulier en direction de sa clientèle BtoB (40% de son chiffre d’affaires). Marcel revendique, aujourd’hui, 100 000 clients particuliers et 1100 entreprises recrutés essentiellement par le bouche-à-oreille.

Marcel compte d’abord sur le portefeuille clients du groupe Armonia, 800 millions d’euros de chiffre d’affaires et 20 000 collaborateurs, pour recruter de nouveaux passagers. En effet, le groupe fondé par Patrick Thélot est spécialisé dans l’externalisation de services aux entreprises et notamment dans le métier de l’accueil. "Il y a une très grande synergie avec nos activités. C’est le personnel à l’accueil qui réserve les taxis…", a expliqué Patrick Thélot qui a également pris une participation au capital de Marcel.

De la berline à la moto

Parallèlement, pour séduire sa clientèle BtoB, la plate-forme lance, le 30 septembre 2016, son offre de "moto-VTC" en partenariat avec Citybird. Une flotte de 60 motos Honda haut de gamme, disponible en réservation à l’avance comme en immédiat, cible les professionnels pressés. Les passagers bénéficient d’un équipement complet et peuvent embarquer, sur la moto, un sac ordinateur et jusqu’à une valise cabinet de 10-12 kilos. 

Actuellement implanté en Île-de-France, le VTCiste prévoit également de se déployer dans plusieurs grandes villes de France en 2017. Sans doute Lille, Lyon et Toulouse pour commencer.

Une optimisation des plannings des chauffeurs

Si Marcel a changé de look et revu son site web et son appli mobile, la plate-forme n’a pas changé de nom – clin d’œil à la chanson de Jacques Brel Vesoul, "Et je te le redis Chauffe Marcel" – ni son ADN. La start-up applique toujours le yield management au planning des chauffeurs, une différence qui permet d’optimiser leurs courses.

"Le revenu horaire moyen est plus élevé avec un prix [de la course] plus faible", explique Bertrand Altmayer, cofondateur de l’entreprise avec Benoît Richard. En clair, Marcel affiche des prix plutôt moins élevés que ses concurrents, mais garantit aux chauffeurs affiliés de travailler davantage. Son directeur commercial, Geoffrey de Seroux, assure qu’un chauffeur peut percevoir jusqu’à 300 euros par jour contre 200 euros chez Uber.

A la recheche de gros volumes

"Nous avons mis au point un outil robuste et complet de gestion de flotte. Au point que nous avons été contactés par des sociétés de coursiers, des ambulanciers intéressés par notre solution", explique Bertrand Altmayer. Du coup, la start-up a créé ces derniers mois, la société Yuso Fleet qui vend son outil à des professionnels. Marcel annonce même être en discussion avec des acteurs à Londres et à New York pour vendre sa solution.

Mais pour que ce yield management soit le plus efficace, Marcel incite ses clients à s’y prendre à l’avance et promet une réduction de 5% pour une réservation 12 heures avant et 10%, 24 heures avant. Et Marcel doit enregistrer encore davantage de courses. D’où le lancement d’une campagne de communication tous azimuts pour acquérir de nouveaux clients. A terme, il s’agit d’avoir suffisamment de volume pour développer un outil prédictif qui lui permettra d’appliquer le yield management à ses tarifs. Le principe, qui vient de l’aérien, consistera à moduler ses prix pour permettre aux chauffeurs de travailler davantage et donc de rouler encore moins de temps à vide.

Un métier qui se réinvente

En revanche, Marcel assure ne pas rencontrer de difficultés pour recruter des chauffeurs qui seraient attirés par son "modèle". La PME dit recevoir 35 inscriptions par jour et en "recrute" 30 par mois. La start-up assure que ceux-ci ont tous les documents obligatoires pour exercer la profession de chauffeur de VTC (pas de capacitaires Loti admis), et que chaque candidat est reçu en entretien individuel, passe un test et reçoit une formation avant de devenir affilié à la plate-forme. Marcel mise aussi sur la qualité de service pour se différencier sur un marché très concurrentiel, et revendique 1000 chauffeurs affiliés.

La start-up, qui vend déjà sa technologie à des sociétés de logistique du dernier kilomètre, réfléchit à faire évoluer son offre vers le "transport en commun", c’est-à-dire le partage d’un véhicule par plusieurs personnes. Cela signifie gérer des agendas et des lieux de départ et d’arrivée différents à l’instar de la start-up Padam qui a démarré à Paris. Pour le directeur technique, recherche et innovation de Marcel, Béchir Tourki, "la  technologie permet de gérer cette complexité".

Florence Guernalec