La diversification du constructeur dans l'offre de mobilité au-delà de la vente de véhicules marque "le début d'une grande transformation", a assuré M. Tavares lors d'une conférence de presse à quelques jours de l'ouverture du Mondial de l'automobile. Une stratégie incluse dans le nouveau plan stratégique de PSA (marques Peugeot, Citroën et DS) annoncé en avril 2016.
 
La marque "Free2Move" (libre de bouger) chapeaute aussi bien les services d'autopartage opérés par le groupe que les services connectés, les services pour les flottes d'entreprise et les offres financières.

Carlos Tavares en a profité pour annoncer un partenariat avec le service d'autopartage Communauto, présent en particulier en Amérique du Nord, l'un des nouveaux marchés visés à terme par PSA.
 
Protéger la liberté de mouvement

Le patron du groupe automobile a rappelé souhaiter que les services représentent quelque 300 millions d'euros de chiffre d'affaires de PSA d'ici cinq ans, un objectif "hyper modeste" dans une activité du groupe qui pourrait atteindre 60 milliards à cette échéance, selon lui.

"Nous sommes tirés par la volonté de protéger la liberté de mouvement", a ajouté M. Tavares, lors de cette présentation. Il s'est dit convaincu que "l'être humain ne va pas accepter que sa liberté de mouvement soit restreinte" dans un contexte de contraintes environnementales, de restrictions de circulation et de congestion des routes.

Quant à savoir si les nouveaux usages allaient signifier moins de voitures vendues, M. Tavares a estimé que ce n'était "pas du tout certain". Les véhicules seront "utilisés à un niveau d'intensité bien supérieur, leur remplacement aussi sera plus fréquent".
 
Un dinosaure en pleine transformation

"Nous savons que nous sommes un dinosaure mais nous voulons ne pas être le dernier à disparaître. Donc, nous allons faire en sorte de nous transformer pour être à la hauteur de la créativité (...) de nos partenaires start-up", a souligné M. Tavares.

"Ne pas préparer l'entreprise à ces évolutions serait évidemment une faute, même pour les gens de ma génération qui ont connu ce que représentait le plaisir de posséder une automobile", a-t-il conclu, alors que d'autres grands groupes, comme Volkswagen, ont dit eux aussi leur volonté de devenir un "fournisseur de mobilité" au delà de la fabrication et vente de véhicules.
 
Le 26 septembre 2016, l'autre "dinosaure" Renault-Nissan annonçait la signature d'un accord de partenariat mondial pluriannuel avec Microsoft dans le domaine de la voiture connectée. Le constructeur indique, dans un communiqué, que "les deux groupes vont collaborer au développement des futurs services connectés pour les véhicules reposant sur Microsoft Azure, l’une des offres de cloud intelligent de Microsoft. Ces nouveaux services amélioreront l’expérience du client grâce à la navigation avancée, la maintenance prédictive et les services centrés sur le véhicule, le contrôle à distance des fonctions du véhicule, mobilité externe et mises à jour en temps réel".

Florence Guernalec (avec AFP)